Municipales 2014. En vue des élections municipales de 2014, coup de projecteur sur Massy, une ville historiquement à gauche, mais dirigée par la droite depuis 18 ans. Face à des forces politiques divisées, rien ne dit que Vincent Delahaye quitte la mairie l’année prochaine.

  • Photo (de gauche à droite) : Hella Kribi-Romdhane (PS), Vincent Delahaye (UDI), Marie-Pierre Oprandi (PG). (DR)

Législatives, régionales, cantonales, tous les derniers rendez-vous électoraux ont été remportés à Massy  par des candidats socialistes ou écologistes. Tous sauf un : celui des municipales, remporté pour la troisième fois consécutive par Vincent Delahaye en 2008, avec un score de 57 % contre 43 % pour la représentante alors socialiste Marie-Pierre Oprandi.

Une épine dans le pied de la gauche qui voudrait bien changer la donne l’année prochaine, reste à savoir par quel moyen. Même si la préparation des listes en est encore à ses prémices, l’heure est en effet plus à la division qu’au rassemblement.

Il faut dire que la répartition des rôles a bien changé depuis 5 ans : Marie-Pierre Oprandi a rejoint le Parti de Gauche, membre du Front de Gauche, et les Verts qui avaient placé leur propre candidat, Roger Del Negro, en 2008, se sont rapprochés du Parti Socialiste depuis les cantonales d’il y a deux ans.

Une liste PS/ Europe Écologie Les Verts est donc prévue, où pourrait se retrouver Hella Kribi-Romdhane, conseillère régionale et représentante locale du PS : « Compte-tenu de mon expérience sur place, de ma position d’élue régionale, je réfléchis actuellement à la nature de mon implication, reste à savoir sous quelle forme. Le parti annoncera les désignations officielles des candidats aux élections municipales en octobre prochain. Il peut arriver cependant que dans certaines villes, des accords tacites font que la décision du candidat sera connue plus tôt. Dans le cas de Massy, c’est impossible d’affirmer quoi que ce soit pour l’instant. »

Cette union pourrait donc partir favorite du scrutin, mais comme le souligne l’élu écologiste Guy Bonneau, la bataille n’est pas gagnée d’avance : « les gens ne votent pas que pour des aspects locaux, mais aussi sur des opinions plus globales, et l’image actuelle du gouvernement ne nous aide pas. D’ailleurs, le choix du candidat dépassera sans doute le cadre de Massy. »

Des conflits nationaux face à un maire bien implanté

Face à la mauvaise réputation de l’alliance gouvernementale, le reste de la gauche se place plutôt en rupture. Le Front de Gauche a ainsi déjà annoncé qu’il déposerait sa propre liste, où seraient potentiellement rassemblés le Parti Communiste et le Parti de Gauche. « Nous sommes clairement en désaccord avec la politique municipale, explique Marie-Pierre Oprandi, qui ne prend pas en compte les urgences sociales dans une ville qui a pourtant des marges de manœuvre budgétaires. Et c’est la même chose avec les socialistes, nous n’avons ni les mêmes principes ni les mêmes objectifs. »

Une position qui reflète les dissensions entre le PS et le Front de Gauche à l’échelle nationale, même si comme pour la dernière élection présidentielle, il n’exclut pas totalement une union de la gauche contre le maire UDI.  « On ne lui laissera pas le pouvoir, précise Colette Jan, élue communiste. Nous voulons aussi montrer que notre identité est différente de celle du PS, au niveau local comme national. »

Il y aura donc deux gauches à Massy, face à une droite qui gardera la même formule. Le maire Vincent Delahaye, désormais membre du Parti Radical et de l’UDI, compte en effet briguer un quatrième mandat consécutif : « Je pense me représenter, beaucoup de gens me demandent de le faire. Il reste encore beaucoup de choses à faire à Massy, même si je pense qu’on a réalisé 95 % de ce qu’on avait annoncé. Pour l’instant, je me focalise sur la fin de mon mandat. »

Mais le maire occupe également le poste de sénateur de l’Essonne, une situation critiquée par certains élus : « je regrette le recul du PS sur la suppression du cumul des mandats, qui aurait clarifié les choses, ajoute Guy Bonneau. Delahaye aurait été obligé de choisir entre le sénat et la mairie de Massy. »

Le danger des candidats indépendants

D’autres candidats outsiders pourrait eux-aussi jouer un rôle dans le scrutin, et faire plier la balance d’un côté ou de l’autre.

Ainsi Philippe Gautreau, représentant élu de l’association Massy @venir et nouveau membre du parti de Nicolas Dupont-Aignan, Debout La République, hésite encore sur la stratégie à adopter. « Je ne suis plus d’accord avec la gauche avec qui j’étais au début de mon mandat, explique cet ancien membre du MRC de Jean-Pierre Chevènement. Je ne me vois pas la suivre sous sa forme actuelle, et je ne vois pas d’alliance non plus avec Vincent Delahaye. Mais il me paraît aussi compliqué de lancer ma propre candidature. Il y a surement moyen de faire compromis, reste à savoir avec qui. Je souhaiterais commencer les discussions d’ici juillet pour prendre une décision. »

Une autre personnalité risque aussi d’avoir son mot à dire : Dawari Horsfall, du mouvement Massy plus juste, qui avait frappé un grand coup il y a 5 ans en obtenant neuf pour cent des suffrages. « En 2008, nous étions la troisième force politique, je pense que nous pouvons encore une fois faire pencher l’élection. On vient juste de démarrer une réflexion pour décider courant novembre si nous présenterons un candidat aux municipales et j’aimerais jouer un rôle dans cette démarche. Pour l’instant, on n’a pas de discussions avec d’autres partis mais nous restons ouverts aux propositions. »

Si aucun parti n’a officialisé à ce jour de liste ou de candidat, il est néanmoins déjà clair qu’à Massy, la victoire des uns ne se fera pas sans l’aide des autres.