Municipales 2014. Après de nombreuses années de divisions lors des élections municipales, la droite de Brétigny-sur-Orge proposera en mars prochain une liste réunie autour de Nicolas Méary. De son côté, le maire actuel, Bernard Decaux (PS) espère être en capacité de réunir de nouveau la gauche, même si rien n’est encore fait. Décryptage de l’échiquier politique brétignolais.

  • Photo : le maire de Brétigny Bernard Decaux et son opposant Nicolas Méary. (DR)

En 2001, le maire sortant de l’époque, Jean de Boishue (RPR), prend la décision de ne pas se représenter pour un quatrième mandat consécutif. Dès lors, les guerres de succession gagnent le camp d’une droite pourtant à la tête de la municipalité brétignolaise depuis 1984. S’en suivent deux défaites cuisantes en 2001 et 2008. « Pendant trop longtemps les divisions au sein de la droite nous ont fait perdre, résume Michaël Christophe, ancien candidat UMP aux cantonales 2008, c’est en partie pourquoi nous souhaitons nous rassembler autour d’un projet commun  ». Ainsi, l’UDI, le MoDem, l’UMP brétignolais, le groupe de Christiane Lecoustey, mais aussi le centre gauche ont choisi de mener une liste commune avec à sa tête, le centriste Nicolas Méary. « C’est avant tout l’histoire d’un rassemblement d’équipes, précise Nicolas Méary. Il a ensuite fallu déterminer un chef de file et l’équipe m’a donné ces responsabilités ».

Par conséquent, la droite à Brétigny appelle au rassemblement pour renverser la majorité. Ce schéma d’union de la droite n’est pas sans rappeler la situation que connaissent les communes de Morsang-sur-Orge et celle de Viry-Châtillon. Ainsi, la campagne a déjà commencé pour Nicolas Méary et son équipe. « Nous allons consacrer l’année 2013 à écouter ce que les Brétignolais veulent », assure-t-il.

Le choix de la droite : « une aubaine pour la gauche » ?

Si la campagne semble déjà entamée du côté de cette unique liste qui rassemble à droite mais aussi avec le centre gauche, les élus de la gauche quant à eux ne s’inquiètent pas pour autant. Le maire sortant Bernard Decaux (PS) ne voit pas d’un mauvais œil la première réunion de la droite et du centre depuis douze ans. « Nous serons prêts à affronter cette liste au même titre que les précédentes rencontrées lors des dernières élections municipales », affirme-t-il.

Pour l’adjoint au maire Steevy Gustave (EELV), le choix de placer Nicolas Méary tête-de-liste de ce rassemblement serait « une aubaine pour les listes de gauche ». Il s’explique en précisant que « Nicolas Méary ne connaît pas assez bien les sujets de la ville, vu qu’il est assez nouveau dans le paysage politique brétignolais  », faisant ainsi référence à l’arrivée du candidat UDI sur la commune avant les dernières législatives de 2012.

Michaël Christophe, qui fait partie de l’opposition n’émet aucun doute quant au choix de s’unir derrière Nicolas Méary. « Il est l’homme de la situation et il bénéficie d’une équipe soudée derrière lui », rétorque-t-il pour justifier leur choix de campagne.

Une gauche unie ?

Ainsi, la liste de rassemblement de droite et du centre sera opposée à celle que mènera le maire sortant. Ayant dans sa majorité des membres du Parti Socialiste, du Parti Communiste et des Verts, Bernard Decaux espère être de nouveau capable d’unir les différentes composantes de la gauche à ses côtés. Pour le Parti Communiste, cela semble déjà entendu. « Nous chercherons à avoir des listes de large rassemblement face à la droite et à l’extrême droite », annonce Philippe Camo (PCF), actuel adjoint au maire et responsable de la fédération du PCF 91.

La réponse est peut-être plus floue pour Steevy Gustave. Fort de son parcours lors des dernières élections législatives, où il avait obtenu plus de 17% des voix, l’élu d’EELV avoue avoir « songé à se présenter. Je suis devenu la deuxième force politique de la commune et je compte bien peser sur ces municipales ». Pour le moment, Steevy Gustave devrait s’engager de nouveau derrière Bernard Decaux, même s’il attend de voir ce que donneront les négociations avec le maire. « Je reste libre et je ne m’interdirai rien », assure-t-il sur son choix qu’il fera prochainement. Ainsi, ces trois hommes pourraient renouveler l’alliance qui les avait vus gagner en 2008.

De son côté, Patrice Simon, qui avait proposé une liste divers gauche lors des dernières élections réfléchit à monter une nouvelle liste pour 2014, même si les possibilités pour qu’il se présente « restent faibles », croient savoir les élus de gauche. En tout cas, Nicolas Méary et Michaël Christophe s’accordent à dire qu’il sera « plus difficile pour Bernard Decaux de rassembler, vu les différends qu’il a eus au niveau de certains sujets au sein de la majorité ». Bref, nous devrions y voir plus clair dans les prochaines semaines concernant les forces en présence pour 2014.