Dans le cadre des rencontres photographiques de l’Œil Urbain organisées à Corbeil-Essonnes depuis le 5 mars, Essonne Info vous propose chaque semaine dans la continuité de notre enquête, le portrait d’un photographe exposé pendant l’évènement. Le premier photographe à l’honneur est Marco Sardinho qui expose à la galerie d’art de Corbeil depuis le mercredi 13 mars.

  • Photo : Marco Sardinho expose à la galerie d’art de Corbeil depuis le mercredi 13 mars. (MM/EI)

Lorsque j’ai rencontré Marco Sardinho, il m’est vite apparu que j’avais devant moi un homme qui se plait à préserver et choyer ses rêves d’enfant. Il a un regard lointain et à la fois perçant, peut-être est-il resté enfant, ou plutôt adolescent. Comme à cette époque où il découpait des dizaines de photos dans les revues, sans cesse à la recherche de la clarté et de l’insolite. Jusqu’au jour où il éprouva le besoin d’apprendre la pratique photographique pour produire ses propres images, et capturer lui-même l’insolite dans la réalité.

Elève de l’école d’Henri Cartier Bresson

« Je vais à la rencontre de l’humain, je veux le moins de distance possible avec le sujet »

Il suit alors un cursus en photographie à l’école MJM. Il est formé par de grands noms de la photographie contemporaine comme James Evelyn Atwood, ou encore Reza, qui eurent une grande influence sur son travail : « J’ai suivi l’école de Bresson, en photo, il faut avant tout une histoire. Je ne recherche pas une dimension artistique, juste humaine » nous confie Marco Sardinho. Ses photographies s’inscrivent en effet dans la mouvance des humanistes avec le sujet humain en premier plan : « Je vais à la rencontre de l’humain, je veux le moins de distance possible avec le sujet »

Toutefois Marco Sardinho se considère d’avantage comme passionné plutôt que professionnel, préférant rester loin des tumultes du métier qui connaît des temps difficiles : « Le métier de photographe ne m’intéresse pas. Je préfère continuer à faire mes propres images » explique le photographe avant de reprendre : « je ne suis pas là pour révolutionner l’image, je veux juste raconter et témoigner de mes histoires et voyages ».

« Je mets mes photos en danger »

Il s’agit pour le photographe de sa première exposition : « Je n’ai jamais osé faire des expos auparavant. Il était donc important que je puisse me greffer à un évènement particulier et donc à un public ». L’exposition propose des clichés de voyage en Asie et Russie, régions qui ont toujours fasciné Marco Sardinho.

  • Photo : La galerie d’art de Corbeil-Essonnes, rue Saint-Spire. (MM/EI)

Photographier le hasard…

Les clichés de Marco Sardinho laissent une place importante au hasard, toujours dans le souci de capturer l’insolite : « La part de hasard est importante dans mon travail. Je prends mes photos à vitesses basses, je pousse la pellicule, je laisse une part à l’accident ». Toute la force de ses images réside sans nul doute dans cette humilité qu’elles laissent transparaître. Lorsque Marco laisse le hasard, l’intuition guider son objectif, sans aucune prétention, il réussit à capturer des instants fugaces, de tendres histoires éphémères inscrites à l’argent sur du baryté. Lorsqu’on interroge le photographe sur ses prochains projets, il avoue penser à la photographie artistique, via l’expérimentation des jeux de flous et de reflets, dans le but d’aboutir à une image peut-être plus suggérée, du ressenti à l’état brut.

Pour l’heure, ses travaux sont visibles à la galerie d’art de Corbeil-Essonnes rue St-Spire. Une exposition a ne rater sous aucun prétexte.