Tandis que le printemps frémis d’un hiver des plus tenaces, il se prépare depuis plusieurs semaines un évènement culturel majeur dans la ville de Corbeil-Essonnes. L’Œil Urbain organise ses rencontres photographiques pour la première année, et propose un programme des plus intéressants : expositions, projections, ateliers et même concert. Retour sur un évènement printanier à ne pas manquer.

Jean-Christophe Béchet

Suite à l’évènement France 14, exposition photographique organisée en automne 2011 (lire notre article), est née dans la ville de Corbeil-Essonnes la volonté d’exposer de jeunes photographes contemporains encore méconnus. Le point de départ du projet a donc été de créer une résidence photographique sur la ville : « Avec France 14, nous avons été sensibles aux différentes perceptions et regards que pouvait proposer la photographie sur un territoire. Nous étions alors intéressés de reproduire ça sur Corbeil via la création d’une résidence pour photographe » nous raconte Delphine Blaise, la responsable du service arts et expositions de la ville. Le principe de la résidence est d’accueillir pour une durée d’un an, un photographe et lui offrir les conditions de travail nécessaire à l’élaboration d’un projet lié à la ville de Corbeil. Le photographe Lionel Antoni est sollicité pour rechercher la personne adéquate. Après un appel à candidature, Arno Brignon est finalement retenu (portrait à lire dans notre prochaine édition).

Un rêve qui se réalise…

« Le sujet humain est primordial, il a été le critère majeur dans le choix des artistes à exposer ».

Cependant Lionel Antoni ne veut pas se limiter à la résidence. Il voit un projet d’une plus grande envergure… C’est ainsi que germe l’idée de créer un véritable festival essonnien de photographie, autour du thème de l’urbanité : « Il existe plein de festivals photo en France, ils proposent du nu, du portrait et autres, mais très peu sinon aucun, ne traite spécifiquement de la ville » raconte le photographe. Pour lui, Corbeil-Essonnes constitue le terrain propice à ce type d’évènement : « Il s’agit d’une ville qui comporte toutes les caractéristiques urbaines et sociales propres au territoire de banlieue. » Les rencontres s’articulent autour de plusieurs volontés. Il s’agit à la fois de sensibiliser le public de Corbeil à l’image photographique, mais également de proposer une réflexion générale sur les problématiques urbaines et sociales :  « le sujet humain est primordial, il a été le critère majeur dans le choix des artistes à exposer » explique Lionel Antoni.

  • Photo : Jean-Christophe Béchet.

Une ville expo

La ville de Corbeil-Essonnes est au cœur de l’évènement : « Il était important pour nous de présenter un maximum d’expos en extérieur, afin de les amener directement aux habitants » nous confie Lionel Antoni. Ce souhait, le photographe l’avait déjà exprimé à Essonne Info lors de son exposition Bois Sauvage Intime en novembre 2011 (lire notre article). Cette année, ce vœu se réalise, et la ville entière devient un site d’exposition.  Les œuvres sont présentées dans tout Corbeil-Essonnes : la commanderie, la galerie d’art municipale, la médiathèque Chantemerle, la MJC Fernand léger, le centre municipal de santé, le cinéma Arcel, la maison de quartier des Tarterêts, et le parvis de l’Hôtel de Ville. L’originalité de ces rencontres a donc été de faire de la commune un véritable lieu d’exposition d’œuvres photographiques, et ainsi rendre hommage à la ville, faisant d’elle l’illustration même du thème de l’évènement : l’urbanité.

Une programmation de qualité 

Le samedi 23 mars est organisé un parcours dans la ville, afin de présenter l’ensemble des expositions en présence des artistes. Dès 18h30 a lieu un apéritif-projection à la galerie d’art, avec Arno Brignon autour de la résidence photographique, et également Marco Sardhino (lire son portrait) pour son exposition. La journée se clôturera à la brasserie Le Saint-Spire autour d’un diner-concert.

Le lendemain, dimanche 24 mars dès 16h, Alain Frilet, ancien grand reporter à Libération et ancien directeur éditorial de Magnum, animera une projection de plusieurs travaux photographiques à la maison de quartier des Tarterêts et en présence de leurs auteurs. Françoise Huguier entre autres y présentera son travail « Horizontal-Vertical/Intérieur-Extérieur », qui a déjà connu un large succès lors du mois de la photo à Paris. En avril deux autres projections sont prévues, autour du photographe Samuel Bollendorff, pour son travail « A l’abri de rien », réalisé pour la Fondation Abbé Pierre visant à sensibiliser le public sur les problèmes de logements ; et autour du photographe Yan Morvan pour son célèbre travail « Gangs Story », reportage social poignant sur la jeunesse des cités.

  • Photo : Jean-Christophe Béchet.

Des rencontres qui portent déjà le fruit du succès ?

Cette première saison est bien évidement un galop d’essai en prévision d’autres rencontres dès l’année prochaine. L’Œil Urbain a su créer un programme de qualité autour d’un thème et d’un concept original. Les rencontres photographiques de Corbeil font d’ores-et-déjà parler d’elles, en raison d’intervenants comme Alain Frilet, Françoise Huguier ou encore Jean-Christophe Béchet qui anime un workshop le 12, 13 et 14 avril : « Le workshop connaît un énorme succès. Nous avons une douzaine de personnes en attente et réfléchissons à faire une deuxième session » témoigne Lionel Antoni. Le souhait du photographe est de pouvoir à terme proposer des expositions exclusives et des éditions. D’autres festivals sont ainsi nés en France et connaissent aujourd’hui un succès notoire, comme Photsoc à Sarcelles, ou encore le festival de Sète. Les rencontres photographiques de l’Œil Urbain prennent le même chemin et risque de ne pas tarder à les rejoindre. Essonne Info suivra pour vous cet évènement dans les prochaines éditions, au travers de plusieurs portraits de photographes exposés.

  • Ici la programmation complète.