Dès 7h lundi matin, les familles Roms du bidonville de Vigneux-sur-Seine ont été expulsées. Ce campement était l’un des plus importants de la région Ile-de-France, avec près de 700 occupants selon la police. Les services sociaux départementaux doivent proposer aux familles des solutions d’hébergement.

  • Photo : Le campement de Vigneux-sur-Seine est l’un des plus importants d’Ile-de-France. (LM/EI) 

Le 24 janvier, Nicolas Dupont-Aignan, président de la Communauté d’Agglomération du Val d’Yerres, et Serge Poinsot, maire de Vigneux-sur-Seine, se rendaient au bidonville de Vigneux-sur-Seine pour constater les conditions extrêmes de ses occupants (lire notre article). Situé au bout d’un sentier boueux, enclavé entre la ligne de chemin de fer et un lac, le camp de Roms est en bordure de ville et n’est pas visible depuis la route. «  Ce terrain devait être ludique, il devait y avoir un parcours de santé ici », expliquait à la presse Serge Poinsot, à l’origine d’une pétition ayant recueilli plus de 2500 signatures. Le terrain sera dorénavant à la disposition de la commune puisque ses 50 derniers occupants ont du quitter les lieux lundi 11 mars à l’aube.

Des solutions de relogement insatisfaisantes

Plusieurs associations ont immédiatement apporté leur soutien aux familles du camp de Vigneux-sur-Seine.  A titre d’exemple, l’Association de Solidarité avec les Familles Roumaines et Roms (ASEFRR), le Secours Catholique, Amnesty International et d’autres, étaient présentes au moment de l’expulsion des habitants. Elles ont aidés ces derniers à faire valoir leurs droits à la Maison des Solidarités du Conseil général de Draveil, dont dépend Vigneux-sur-Seine. Pour l’heure, la solution d’hébergement d’urgence proposée par la Croix rouge et le Conseil Général consiste à séparer hommes d’un coté, femmes et enfants de moins de trois ans de l’autre. Mais la proposition n’a assurément pas donné satisfaction aux familles. Les services sociaux tentent à présent de trouver des solutions au cas par cas.

Une véritable catastrophe humanitaire

Pour Laurent Lurton, délégué départemental du Secours Catholique, l’expulsion du camp de Roms de Vigneux-sur-Seine était prévisible et annonce d’autres évacuations dans les prochains jours. « On le voyait venir gros comme une maison, explique-t-il. Dans les semaines à venir, 1 000, 1 500 personnes seront sur les routes. » L’association avait déjà mis en garde contre les expulsions massives dans un communiqué du 13 février : « Le Secours Catholique met en lumière une véritable catastrophe humanitaire qui verra, dès le 15 mars prochain, plus de 1 000 personnes se déplacer de bidonville en bidonville, en Essonne ou dans les départements voisins.«