L’ancien sénateur de l’Essonne et candidat à la présidentielle de 2012 a gardé de nombreux amis dans le département. Notamment à Viry-Chatillon, plus grande collectivité de France gérée par son mouvement, le Parti de gauche. Le prochain scrutin municipal pourrait revêtir un caractère national.

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  • Photo : Gabriel Amard, président (PG) des Lacs de l’Essonne et ancien Conseiller général-maire de Viry-Châtillon. (DM/EI)

Privé de représentants à l’Assemblée nationale, le Parti de gauche, membre avec le PCF de la coalition du Front de gauche, élabore sa stratégie en vue des prochaines élections municipales. Une partie du poids politique de ce jeune mouvement se jouera en Essonne, où le PG est la manœuvre dans trois collectivités, la commune de Longpont-sur-Orge, Viry-Chatillon et son agglomération des Lacs de l’Essonne. Lorsque Jean-Luc Mélenchon quitte le PS durant son congrès de Reims en 2008, il est suivi dans la foulée par plusieurs élus essonniens, dont la maire de Viry Simone Mathieu, le conseiller général de la commune-canton Paul Da Silva, ou encore Gabriel Amard, le président des Lacs de l’Essonne.

Ce dernier est devenu président de l’association des élus du PG, « La gauche par l’exemple » , et profite de son mandat local pour mettre en oeuvre plusieurs projets marqués politiquement, comme la régie publique de l’eau ou une université populaire dédiée aux pratiques écologiques. Début février également, le parti de Jean-Luc Mélenchon réunissait son conseil national à la Friche, un équipement situé en bord de Seine. Ce jeudi soir, alors que le conseil municipal de Viry-Chatillon votait son budget 2013, les élus PG ont insisté sur leurs choix financiers, les définissant comme ceux d’un « budget de résistance » selon les mots de l’élue Mounia Benaili.

Pourtant, la majorité actuelle, fruit de la gestion par la gauche de la ville depuis 1995, est aussi composée d’élus socialistes, communistes, écologistes, et d’un groupe Désir d’avenir. Alors que le PS montre des velléités de monter sa propre liste (lire notre article), un éventuel affrontement à gauche au premier tour compliquerait les relations déjà tendues entre les amis de Jean-Luc Mélenchon et les socialistes. Le PG prendrait en effet cette décision comme une véritable déclaration de guerre, et n’hésiterait pas à compliquer les scrutins de plusieurs villes gérées par la gauche en montant des listes autonomes. Le PS choisira-t-il d’aller à l’affrontement?