Ce samedi 16 février, l’association Al Andalous organisait un stage de self-défense destiné aux femmes, à Villiers-sur-Orge. Souvent victimes d’agressions verbales ou physiques, ce cours théorique et pratique offrait à ces femmes la possibilité d’emmagasiner de la confiance et d’assimiler les bons réflexes en cas de problème. 

  • Photo : L’apprentissage de méthodes de défense, celle du coup de coude circulaire. (JL/EI)

En cette fin d’après-midi, une quinzaine de femmes se sont données rendez-vous pour assister à un stage de self-défense. L’ambiance décontractée contraste avec le sujet abordé : pouvoir se protéger lors d’une situation conflictuelle. Durant deux heures, ces femmes encadrées par un professeur chevronné, sont initiées à la discipline du aito. « Le aito self-défense est une discipline affiliée à la fédération française de karaté, précise le formateur François Augade. Ça comprend des méthodes de self-défense contre des attaques à mains nues, avec bâtons, couteaux, armes de 6e catégorie… ».

Si jamais vous êtes victimes d’une agression de ce type, les formateurs préconisent la fuite. « En self-défense, le but n’est pas d’engager le combat. On se bat seulement s’il n’y a aucune possibilité de se soustraire à l’agresseur ». Ainsi, si la fuite n’est pas possible, François Augade propose aux femmes des « choses simples, mais efficaces, car le but n’est pas de leur apprendre des clés de bras qu’elles ne pourront pas reproduire sur le terrain ». Des moyens de percussion avec les membres supérieurs et inférieurs sont présentés et immédiatement testés par les participantes. En plus de la pratique des prises et coups en tout genre, des temps théoriques sont prodigués. « Dans le self-défense, le cadre légal est très important, résume le formateur. On doit bien comprendre quand se défendre et comment, afin de ne pas blesser gravement l’agresseur et risquer d’être poursuivi par la justice ».

Une demande de plus en plus grande

Ce stage ne doit pas son organisation au hasard. La présidente de l’association Al Andalous, Valérie Valéra l’explique par la hausse des violences envers les femmes. « Je suis une femme et je me suis déjà fait agresser physiquement ou verbalement. Grâce à ce stage, nous avons la possibilité d’acquérir les bons réflexes en cas de soucis  ». C’est également ce que sont venues chercher ces femmes, pour la plupart mères de famille. « J’ai une fille de 18 ans qui est souvent embêtée dans les transports en commun par des hommes, explique Patricia. Je pense que ces stages mériteraient d’être enseignés au lycée, car les jeunes auraient bien besoin de connaître tous ces automatismes  ». Pour d’autres femmes, comme Séverine, ce genre de stage aide « à redonner confiance en soi. On vit la vie différemment, car on sait qu’on pourra aborder ces choses-là avec moins de stress ». Ainsi, au bout d’une heure d’apprentissage, les avis sont unanimes. « C’est très enrichissant, je reviendrai avec ma fille, déclare Patricia, mais les stages de ce genre sont rares ». Pour faire face à une demande de plus en plus grande, Valérie Valéra reconduira cette action au moins une fois en fin d’année avec un nouveau stage ouvert à toutes les femmes pour 15€.