Ce Jeudi matin, Nicolas Dupont-Aignan a donné rendez-vous à la presse à Vigneux-sur-Seine. En visite dans un bidonville, il dénonce le « laissez faire du gouvernement envers les camps de roms ». Alors que la situation reste tendue à Ris-Orangis.

  • Photo : Nicolas Dupont-Aignan et le maire de Vigneux-sur-Seine, Serge Poinsot. (LM/EI)

Alors qu’était organisée au même moment une manifestation à Evry contre le traitement fait aux Roms de Ris-Orangis (lire notre article), devant la préfecture à Evry, Nicolas Dupont-Aignan invitait les journalistes à venir constater avec lui les conditions extrèmes dans lesquelles vivent les résidents d’un camp de Vigneux-sur-Seine. Rendez-vous est pris à l’entrée de l’un des plus grands bidonville du département.

C’est au bout d’un chemin boueux que se situe le camp de roms. Entre une ligne de chemin de fer et un lac. Caché par les arbres, il n’est pas visible de la route. Le maire de Vigneux, Serge Poinsot, également présent lors de cette visite, raconte que « ce terrain devait être ludique, il devait y avoir un parcours de santé ici ». Puis, entouré d’un service de sécurité de trois hommes, Nicolas Dupont-Aignan invite la presse et ses collaborateurs à entrer dans le camp. « C’est une zone de non droit, il faut négocier avec le chef de clan pour pouvoir y entrer » affirme-t-il.

Il faut aussi avoir de bonnes chaussures et ne pas avoir peur de patauger. L’accès est glissant, à cause de la boue. C’est un campement très étendu qui se dresse sur le terrain. « ils sont près de 800 dans ce bidonville » indique NDA.

  •  Photo : le bidonville de Vigneux-sur-Seine (LM/EI)

« Une révolte humaniste »

Les habitants s’approchent et le député de l’Essonne les prend à témoin pour livrer sa façon de considérer la situation. « Il est urgent de rétablir le contrôle des frontières. Il faut qu’ils retournent en Roumanie. La France ne peut pas accueillir toute la misère du monde. On ne rend service ni aux Roms ni aux Français. On ne peut pas laisser les gens vivre comme ça, dans ces conditions, c’est de la fausse générosité. »

L’un d’entre eux répond alors « ça fait trois ans que je vis en France, c’est mieux que dans mon pays. En Roumanie il n’y a pas de travail ni de nourriture ». Pour éviter tout débordement, NDA préfère alors repartir. Il évoque ensuite les tensions avec les habitants de Vigneux. « Plusieurs fois nous avons dû tempérer la population qui veut s’armer pour régler le problème. Ce serait dommage qu’on apprenne un jour que le camp a été brûlé comme c’est arrivé à Marseille. » Selon le leader de Debout la République, c’est un phénomène qui ne cesse de s’accroître. « Aujourd’hui on cache la misère et on la laisse prospérer. C’est une omerta, un sujet tabou, les chiffres qu’on nous annonce ne sont pas vrais. » NDA qualifie sa démarche de mobilisation et de sensibilisation au sujet de l’accroissement des bidonvilles de Roms, « une révolte humaniste ». « Installez-les à Neuilly ou dans le dans le jardin d’acclimatation, ça ne durera pas plus de deux jours » ironise même-t-il.

Quant à Serge Poinsot, il attend avec hâte le 5 février prochain. A cette date sera effective la décision d’expulsion des Roms de ce terrain et de France. Il ne souhaite d’ailleurs pas les intégrer à la population : « si ils demandent à être scolarisés, je n’appliquerai pas le droit, puisque le gouvernement ne fait pas respecter le droit avec ce camp ». Une manière de faire écho à la polémique née à Ris-Orangis.