Société. L’occupation du hall de la mairie de Ris-Orangis du 9 Janvier dernier pour demander la scolarisation des enfants roms a porté ses fruits. Depuis lundi ces enfants sont scolarisés dans une classe spéciale. Pour autant la polémique n’est pas terminée.

  • Photo : Les enfants n’ont toujours pas intégré une classe normale (LM/EI)

C’est dans un complexe sportif de Ris-Orangis que treize enfants roms, âgés de 3 à 10 ans, sont scolarisés depuis lundi. Stéphane Raffali, le maire de la commune, justifie cette décision « les classes existantes dans la ville sont déjà surchargées. Ils ont donc une vraie classe avec un espace de récréation intérieur et extérieur. Ce sont des conditions satisfaisantes ».

Le début de polémique né du refus de la municipalité de scolariser les enfants (lire notre article) ne semble pourtant pas retomber, puisqu’après un rappel à l’ordre de l’inspection académique et la pression des associations, la mairie a choisi de prendre en main à sa manière les choses.

Deux enseignantes spécialisées, habituées des enfants non francophones pour l’une et des gens du voyage pour l’autre, sont en charge de la classe. Si l’effort est apprécié par l’Association de solidarité en Essonne avec les familles roumaines et roms (ASEFRR), il n’est pas satisfaisant pour autant.

« La forme de l’accueil revêt un caractère ségrégationniste »

Serge Guichard, président de l’association explique « Nous remercions la Direction académique des services de l’Education nationale, mais nous sommes encore loin du compte, ce n’est toujours pas le droit à l’école, comme les lois de la République le stipulent ». Le refus du maire d’accueillir ces enfants dans les écoles rissoises apparaît comme injustifié pour l’ASEFRR « l’accueil des enfants dans une salle d’un complexe sportif, revêt un caractère ségrégationniste qui n’est aucunement justifié par le manque de capacité des écoles de la ville à les accueillir. » Un sentiment accentué par le refus du maire de leur donner accès à la cantine. De plus, Stéphane Rafalli a confirmé sa volonté de démanteler les camps de roms, car selon lui « les familles sont installées illégalement et ont vocation à partir ». De son côté, Jérôme Guedj, le président du Conseil général, tempère « l’indignation est légitime, mais l’exploitation est parfois indécente. La situation est complexe et il ne faut pas avoir d’avis trop manichéen ».

Pour l’association, laisser les enfants roms hors des écoles classiques n’est pas une solution « pour apprendre la langue, il faut qu’ils soient au contact d’autres enfants français ». Une mobilisation est d’ailleurs envisagée par celle-ci, en lien avec d’autres associations de défense des Droits de l’Homme de l’Essonne. Ce jeudi, le Front de gauche appelle par ailleurs à un rassemblement devant l’inspection académique d’Evry, parlant de cette classe comme d’un « guetto » dans laquelle les enfants sont victimes de « discrimination » . Pour comprendre la situation en prenant en compte ces enfants, Essonne Info a interrogé un pédopsychiatre. (lire notre article)