Société. Un couloir et une salle de la mairie de Ris-Orangis occupés dès 9h du matin ce mercredi. Ils étaient plusieurs dizaines de Roms (parents et enfants) accompagnés de Rissois solidaires et d’associations à protester contre le refus de scolariser une douzaine d’enfants.

  • Photo : Les enfants ont eu droit à une classe ouverte avec les adultes présents (LM/EI)

Cela fait plusieurs mois que des familles installées dans un bidonville en bordure de Ris-Orangis demandent l’inscription de leurs enfants à l’école. Se voyant opposer un refus de la part de l’administration, ils ont décidé avec l’aide de leurs soutiens d’accélérer le mouvement en se rendant à l’hôtel de ville.

Serge Guichard, président de l’Association de solidarité en Essonne avec les familles roumaines et roms (ASEFRR) explique la démarche : « ça fait trois mois que les dossiers d’inscription des enfants sont déposés et nous n’avons toujours pas de retour. Nous avons donc décidés de nous déplacer pour obtenir des réponses ». Plusieurs heures d’attente durant lesquelles ils ont organisé « une école de lutte » où les enfants ont dessiné l’école de leur rêve. En fin de mâtinée, le maire adjoint Ange Balzano leur annonce que les dossiers sont incomplets.

Selon l’ASEFRR, les justifications données ne seraient pas valables pour refuser la scolarité : « c’est d’abord le droit de l’enfant qui prime, il entre à l’école et si les parents ne font pas ce qu’il faut, on régularise après, mais l’enfant ne peut jamais être pénalisé de sa situation ou de la négligence des parents »

Thierry Mandon entre en jeu

Ce n’est qu’en milieu d’après-midi que le maire Stéphane Raffalli s’exprime « pour l’instant il n’y a pas de refus puisque moi je n’ai pas de dossier à instruire. Ce que je demande aux personnes qui occupent la mairie de manière intempestive c’est de déposer les dossiers » . Devant les répercutions  médiatiques de cette situation, il laisse néanmoins entendre qu’une solution est possible. « Une décision sera prise, naturellement. Le principe, c’est qu’il y’a une scolarisation de l’ensemble des enfants qui ont une adresse à Ris-Orangis. »

Une réponse qui ne convient pas aux associations qui comptent poursuivre le mouvement. Elles annoncent vouloir maintenir la pression et ont écrit à la préfecture et l’inspection académique, tout en continuant de sensibiliser la population. Elles menacent également de recourir à la justice en se tournant vers le Défenseur des droits voire le tribunal administratif. Ce mercredi soir, l’ancien maire et député Thierry Mandon a publié un communiqué dans lequel il se déclare solidaire de son successeur Stéphane Raffalli.