Société. Ce lundi 10 décembre marquait l’ouverture de la conférence nationale sur la pauvreté et pour l’inclusion sociale. Au même moment, en Essonne, un huissier de justice venait signifier un avis d’expulsion au habitants du bidonville dit de « Bois de l’Epine », à Ris-Orangis.

  • Photo (archive) : a la tête de la ville de Ris-Orangis, le socialiste Stéphane Raffalli (à droite) refuse de scolariser deux enfants Roms. (DM/EI)

La chute des températures à l’approche de l’hiver n’y changera rien. Dans six jours, seize familles Roms, dont plusieurs enfants scolarisés, seront expulsées du bidonville du Bois de l’Epine. Une décision du tribunal signifiée par l’huissier de l’AFTRP, propriétaire du terrain en question. « C’est scandaleux » s’insurge Serge Guichard, président de l’Association de Solidarité en Essonne aux familles Roumaines et Roms (ASEFRR), « c’est une honte de plus ajoutée à la triste litanie de ce que vivent ces familles depuis des années ». En mai dernier, les forces de l’ordre avaient évacué un autre campement de Ris-Orangis dans lequel vivait une cinquantaine de personnes. De son côté, Laurent Lurton, délégué départemental du Secours Catholique de l’Essonne, se dit « particulièrement étonné » : « La circulaire d’août dernier stipule que dans le cas d’une décision de justice comme celle-ci, il doit y avoir une réunion préalable avec les associations de solidarité pour faire une évaluation ». Le Secours Catholique, tout comme l’ASEFRR, attendent toujours une réponse du préfet à leur demande de réunion. « Ce camp de Ris est particulièrement intéressant car tous les enfants sont scolarisés et certains membres ont un travail » explique Laurent Lurton, « j’ose espérer qu’il n’y aura pas d’expulsions sans cette réunion ».

Le maire refuse de scolariser deux enfants

Pour le maire socialiste de Ris-Orangis, Stéphane Raffalli, cet expulsion est inévitable : « Ces personnes vont devoir partir inéluctablement, beaucoup d’entre eux sont en situation irrégulière. J’espère que ça se passera bien ». Ce dernier a récemment fait parler de lui suite à son passage dans un reportage de l’émission Dimanche+ sur Canal+. Depuis le mois de septembre dernier, Stéphane Raffalli refuse la scolarisation de deux enfants de la communauté Rom installée sur sa ville, comme ce fut le cas à Orsay (lire notre article). Dans le reportage diffusé dimanche 2 décembre, le maire de Ris assume sa position et dit ne pas avoir de problème avec sa conscience. « Je ne refuse pas la scolarité des enfants quand ils ont une vraie adresse à Ris, hors là, soit je n’ai pas de domiciliation, soit j’en ai une, mais dans des associations qui sont aux Ulis ou à Orsay, je ne peux donc pas scolariser ces enfants » explique Stéphane Raffalli, contacté ce mardi par Essonne Info.

« M. Raffalli doit appliquer la loi »

« Avec nos petits moyens, c’est difficile d’organiser la solidarité autour de ces populations, ca relève d’autres dispositif plus puissants à l’échelle nationale et européenne. Quand vous êtes face à des difficultés aussi lourdes, il y a un risque que vous perdiez en cohésion sur votre territoire. Je me sens en cohérence avec mes idéaux et mon principe de responsabilité » assume le maire de Ris. « C’est vrai que la question Roms est compliqué ainsi que la scolarisation des enfants » reconnaît Laurent Lurton, « mais c’est un droit inconditionnel donc M. Raffalli doit appliquer la loi même si ça ne lui plait pas ». Malgré les rappels à la loi de l’inspection académique et du délégué interministeriel, les enfants attendent toujours de pouvoir intégrer l’école primaire.