Culture. C’était l’un des plus anciens squats artistiques de la région parisienne. Les derniers habitants du CAES ont quitté les lieux depuis une semaine, cédant la place aux ouvriers chargés de la rénovation du site. Une nouvelle ère commence pour ce lieu culturel emblématique de l’Essonne.

  • Photo : Le CAES poursuit sa mutation (QB/EI)

« Le CAES en tant que squat, c’est fini depuis une semaine » explique Abder Darik à notre arrivée sur les lieux, un brin nostalgique. En plus d’être le dernier président de l’association du CAES, ce metteur en scène fait partie des derniers habitants du site. Il y’a une semaine, il vivait encore là, avec sa femme et ses trois enfants, au dernier étage de la tour Babel, ce bâtiment militaire désaffecté qui surplombe la gare de Ris-Orangis. Des vêtements jonchent le sol, sur les murs, des dessins d’enfants rappellent leur passage. « Avec l’arrivée des jumeaux, ca devenait un peu compliqué » reconnaît Abder. Sa famille a depuis été relogée en ville, avec l’aide de la mairie. En tout, vingt quatre relogements ont été opérés. « Il n’y a eu qu’une seule expulsion, sans parler des dealers » se réjouit-il.

Si les derniers habitants ont quitté les lieux, la vie culturelle continue son cours au CAES. Les ateliers continuent d’être investis par quelques artistes, comme le jeune peintre Julien des Montiers ou Marie Pierre Aynès, marionnettiste septuagénaire. Pas moins de quatorze projets artistiques prennent actuellement vie dans les ateliers en chantier. « Le pari c’est de pérenniser le CAES. La priorité pour moi c’est de professionnaliser notre gestion et de pouvoir générer de l’emploi » explique le dernier président de l’association du CAES, mise en liquidation judiciaire en 2010. Un contrat récupéré depuis par l’aménageur public AFTRP, opérateur de l’opération de renouvellement urbain de l’éco quartier Les Docks de Ris. Pour Abder, « c’est une nouvelle aventure qui commence ».

Pour l’heure, les travaux de réhabilitation se poursuivent. Un chantier entamé en 2009 par Les usines Berthaud, spécialiste de la rénovation de bâtiments industriels et de projets artistiques. Pierre Berthaud a en effet conçu deux phases de rénovation pour le CAES. La première, qui touche à sa fin, s’est concentrée sur la création d’ateliers de production artistique dans la Tour Brulée ainsi que dans le Pigeonnier. La deuxième phase verra naitre des logements à loyers modérés, reservés aux artistes, dans la Tour Babel. Les résidents seront sélectionnés sur la base d’un projet artistique, pour des résidences allant de 3 à 6 mois. En 2013, l’association du CAES aurait fêté ses 30 ans, mais le lieu n’a pas perdu son âme artistique.