Société. Depuis le mois de juin dernier, la situation entre un pizzaiolo et le Maire de Saintry-sur-Seine s’est empirée à propos d’un distributeur à pizza. Histoire d’une discorde sans fin.

  • Photo : Ce système de distribution de pizza existe dans d’autres départements et devait arriver en Essonne. (JL/EI)

Le 18 juin dernier, Denis Rouget devait mettre en service son distributeur à pizza. Or, le Maire de Saintry-sur-Seine a donné un avis défavorable à la mise en route de l’appareil. Ainsi, Michel Carreno évoque plusieurs raisons rendues publiques dans un tract communal distribué à tous les saintryens le 16 novembre. L’élu socialiste regrette le fait que le projet du pizzaiolo n’est fait l’objet d’aucune présentation au préalable à la Mairie. Pour lui, trois points posent problèmes à la mise en fonction de la machine. Le premier met en cause l’ordre public. Selon lui, d’importantes nuisances sonores pourraient déranger le voisinage.

Les va-et-vient continus pourraient perturber le quartier résidentiel tout proche. Pour Denis Rouget, cela « gène certainement le Maire qui habite à une cinquantaine de mètres, de l’autre côté de la rue  ». Le deuxième point concerne le fait que le local où est installé le distributeur est destiné à être un local technique et non commercial. Malgré le changement d’affectation en local commercial quelques jours après, Denis Rouget et son matériel restent dans la même impasse.

Le dernier point que soulève le Maire à propos de cette affaire, est que «  les constructions commerciales doivent être édifiées à une distance d’au moins 5 mètres de l’alignement des voies publiques » comme le souligne le Plan Local d’Urbanisation (PLU) de la ville. Le Maire met donc en porte-à-faux le pizzaiolo et le propriétaire des lieux qui l’a autorisé à implanter cette machine dans un local illégal pour tout commerce.

Ouvrir coûte que coûte

Le combat du Maire contre la mise en fonction du distributeur de pizza place Denis Rouget dans une situation presque invivable. «  J’ai misé toutes mes économies pour cette machine ! C’est 60 000€ d’investissements ». L’homme a entamé une véritable bataille contre la municipalité pour pouvoir mettre en route son affaire. Une marche dans Saintry-sur-Seine, une pétition pour l’ouverture du distributeur et même une grève de la faim de deux semaines ont été opérées sans succès. La municipalité saintryenne lui a proposé un accompagnement auprès des intercommunalités qui pourraient l’accueillir, or, pour l’intéressé « c’est déplacer le problème sans le régler pour autant ».

A ce jour, il accuse des pertes estimées à plus de 1 200€ par mois, ce qui représente déjà plus de 7 000€ depuis le 18 juin dernier. Voilà pourquoi, Denis Rouget a ouvert «  illégalement », selon le Maire, son commerce lundi 19 novembre. « C’est simple, soit j’ouvre, soit je dépose le bilan ». Cette nouvelle situation lui permet d’entrevoir le bout du tunnel, même si la hache de guerre est loin d’être enterrée. « Désormais, il n’est plus question que je ferme ! », déclare Denis Rouget. L’imbroglio est loin d’être fini, toutefois, le distributeur est toujours en service. Affaire à suivre…