Économie. En marge du mois de l’Economie Sociale et Solidaire, Essonne Info a choisi de prendre des nouvelles de l’imprimerie Hélio-Corbeil, neuf mois après la création de la Société Coopérative et Participative (SCOP). L’occasion pour nous d’en dresser un état des lieux et des perspectives futures. 

  • Photo : de façade, rien n’est changé aux alentours du site de Corbeil (JL/EI)

Le 6 février dernier, après une longue période de doutes, le Tribunal de Commerce de Meaux accordait aux salariés de l’usine le droit de pouvoir former une Scop. Ainsi, 80 employés sur les 120 qu’elle comptait en 2011 sont devenus associés et travaillent pour leur compte. Tout ceci a été rendu possible par l’abnégation des personnes qui ont cru au projet présenté par la CGT de l’imprimerie. Bruno Arasa, technicien de maintenance et délégué syndical a incarné ce projet, avant que ses collègues trouvent légitime de lui donner les rennes de la société. « Cela s’est fait naturellement, personne d’autre ne voulait endosser ce rôle » raconte-t-il.

L’aide des financiers comme l’ancien Maire de Corbeil-Essonnes, Serge Dassault « nous a pour une fois aidé, il faut le reconnaître », déclare Arasa. Le Figaro aurait fait pression sur lui pour que l’imprimerie puisse survivre. Ainsi, avec un apport de 310 000€ et un contrat qui lie quelques périodiques de Serge Dassault jusqu’à la fin 2014, permet à l’imprimerie de voir sa production tourner à plus de 10 millions d’exemplaires produits par semaine. Avec Télé Star, TV Magazine et Télé 7 jours, l’entreprise trouve pour le moment son compte, si bien que 13 nouveaux salariés ont été employés dernièrement.

Les ouvriers, comme Guy, sont enthousiastes sur les résultats de la Scop depuis sa formation. « L’ensemble du personnel travaille dans la sérénité et nous sommes rassurés par le fait que des personnes compétentes dirigent l’entreprise. Grâce à cela, nous sommes comme des cancéreux en rémission ! ». Bruno Arasa est aussi du même avis, bien qu’il émette certaines réserves sur les bienfaits de la Scop. « Ce projet nous a sorti d’une impasse. Cependant, le jour où nous voudrons faire des investissements, nous devrons utiliser une partie des bénéfices reversés aux employés, et cela passera moins facilement que tout le reste […] C’est pourquoi je pense que la Scop est plus idyllique, car les intérêts du groupe sont hétérogènes. »

  • Photo : Bruno Arasa pose dans son bureau (JL/EI)

Renouer avec le glorieux passé de l’Imprimerie

Ce bon premier semestre de l’imprimerie Corbeilloise va de pair avec différents projet que Bruno Arasa espère mener à terme. Le premier d’entre eux consiste à réaliser des versions dématérialisées en plus de l’impression. Ce concept tend à instaurer un dialogue entre les clients et les salariés de l’imprimerie, qui proposeront une multitude de prestations aux commanditaires qui le souhaiteraient. Un secteur de l’imprimerie pourrait conseiller les clients sur la conception des contenus qu’ils veulent publier ou encore les orienter sur le bon choix de papier.

Le second projet porte sur la possible venue d’une entreprise de brochage dans des locaux non utilisés de l’imprimerie. Pour le Directeur-Général de l’usine, l’idée est « d’accueillir une entreprise dans une entreprise qui fonctionnerait en partenariat avec nous pour reconcentrer les services dans le même lieu pour rationaliser les coûts ». La production d’Hélio-Corbeil couplée aux différents contrats du brocheur, assurerait l’emploi des salariés des deux entreprises. « Il faut enterrer la hache de guerre entre les entreprises du même milieu », souligne Bruno Arasa pour justifier ce possible partenariat.

L’objectif de diversifier et de concentrer des services sur les lieux de l’imprimerie rappelle l’époque des grandes années de cette dernière. L’Imprimerie Crété, qui est son nom d’origine, était une véritable référence dans le milieu du Livre. Elle a basé son succès dans l’après-guerre jusque dans le milieu des années 1960 sur le nombre exorbitant de services qu’elle regroupait en son sein. Les prestations qu’elle pouvait gérer étaient telles qu’elle était classée deuxième imprimerie de France en 1957. La prétention de Bruno Arasa, n’est pas d’égaler la performance de l’Imprimerie Crété (bien qu’il le souhaite), mais d’assurer la pérennité de l’entreprise. Tout ceci semble s’annoncer sous les meilleurs hospices. Pour en reparler, le rendez-vous est pris pour le premier anniversaire de la Scop, en février 2013.