Le rapporteur public a recommandé, vendredi, au Conseil d’Etat, d’annuler la réélection du Président (PS) de la région. Pour Jean-Paul Huchon, il est question d’une tentative d’ « assassinat politique », orchestrée par l’UMP qui, selon lui, n’a « jamais accepté les résultats électoraux » des dernières élections régionales.

Réélu en mars dernier pour un troisième mandat à la tête de la région, le socialiste Jean-Paul Huchon se pourrait bien voir intimé l’ordre de quitter la présidence de l’Ile-de-France. Le Conseil d’Etat, dont le rapporteur public a recommandé, vendredi dernier (Lire notre article), d’annuler sa réélection et de lui infliger une peine d’inéligibilité d’un an, statuera prochainement sur son sort. Paul Midy, un militant UMP, a déposé dernièrement un recours contre la réélection de Jean-Paul Huchon, estimant que ce dernier aurait bénéficié, durant la période électorale, d’une campagne d’affichage du STIF – l’autorité des transports en Ile-de-France, présidée par Jean-Paul Huchon – vantant les avancées de la région en matière de transports en commun.

Mais le Président Huchon ne souhaite pas attendre la décision sans ne rien faire. Il a donc décidé de contre attaquer, en déposant une « question prioritaire de constitutionnalité ». Pour l’avocat de Jean-Paul Huchon, la recommandation du rapporteur public pose un problème de constitutionnalité, argumentant sur le caractère automatique de la peine d’inéligibilité, conséquence de l’invalidation des comptes de campagne, qui serait contraire à la constitution.

Les 142 Conseillers régionaux de gauche, « tous solidaires » de Jean-Paul Huchon

Pour les élus de la majorité régionale, « ces conclusions ne visent en réalité qu’un seul objectif : sanctionner le Président de la Région en le déclarant inéligible » et estiment que « Valérie Pécresse et son parti doivent enfin prendre acte du résultat des élections et mettre fin à cette campagne odieuse ». La liste de la gauche et des écologistes, menée au second tour des élections régionales de mars 2010 par Jean-Paul Huchon, a devancé de 14 points la liste conduite par la ministre UMP.

De son côté, la majorité présidentielle dénonce la « stratégie de victimisation » menée par la majorité régionale et regrette, à l’image de Valérie Pécresse, « l’agitation du Parti Socialiste qui précède la décision du Conseil d’Etat sur le recours contre l’élection de Jean-Paul Huchon ». Mais les élus de gauche ne l’entendent pas ainsi. Ils souhaitent en effet aller plus loin que la possible décision du Conseil d’Etat, en lui demandant, si celle-ci « considère que la campagne des régionales est contestée (…), d’aller jusqu’au bout de son raisonnement en annulant le résultat de l’élection ». Ce qui reviendrait à repasser par la case élection.

Pour le moment, en cas inéligibilité de Jean-Paul Huchon, les élus du Conseil régional devront réélire une nouvelle personne à la présidence de l’institution. Pour le président UMP de la commission régionale des finances, Roger Karoutchi, « quoi qu’il advienne, la majorité de gauche restera à 142 [élus] et nous à 67 ».