Société. Mercredi 17 octobre, le groupe Aéroports de Paris (ADP) annonçait un projet colossal de modernisation du site d’Orly. Dans le même temps, un petit groupe d’élus de droite et de riverains manifestaient leur opposition à ce projet. De son côté, le Conseil général de l’Essonne estime que le développement d’Orly peut se faire tout en améliorant la qualité de vie des riverains.

  • Photo : Le devenir d’Orly n’en finit pas de faire polémique (DM/EI)

Le 17 octobre dernier, la direction d’ADP donnait une conférence de presse sur la plateforme d’Orly pour annoncer qu’elle s’apprêtait à investir près de 450 millions d’euros dans la modernisation de son site (lire notre article). A quelques mètres de là, une manifestation rassemblait associations de riverains en colère et élus de la droite locale, avec en tête Nicolas Dupont-Aignan, député-maire de Yerres et Didier Gonzales, maire de Villeneuve-le-Roi (Val-de-Marne. Le 1 octobre, ces deux-là s’étaient associés à la demande d’allongement du couvre-feu appliqué sur l’aéroport d’Orly formulée par l’association AVEVY qui lutte contre les nuisances aériennes (lire notre article).

« Nous sommes fermement opposés à ce plan de développement de l’activité aéroportuaire d’Orly dont l’objectif affiché est de passer de 27 millions à 40 millions de passagers, c’est simplement impossible » déclarait le maire de Villeneuve-le-Roi également président de l’association des élus riverains d’Orly (AERO) lors de la manifestation du 17 octobre. A ses côtés, Nicolas Dupont-Aignan dénonçait « une volonté de passer en force alors que nous avions réussi à tisser un lien entre les élus, les associations et ADP. En terme écologique c’est une aberration, c’est l’aéroport le plus encastré en zone urbaine d’Europe ». Alors qu’ils souhaitaient être reçus en délégation, les élus se sont vus refuser l’entrée à la conférence de presse d’ADP.

Jérôme Guedj dénonce « l’agitation orchestrée par la droite locale »

De son côté, le Conseil général de l’Essonne, par la voix de Francis Chouat et de son président Jérôme Guedj, dénonce « l’agitation orchestrée par la droite locale ». « Quand on est élu local, il faut rester responsable et cesser d’utiliser les associations pour faire de l’agitation politicienne. On ne règlera pas la situation des riverains de l’aéroport à force de manifestations et de putchs » dénonce Jérôme Guedj. « En tant qu’élus, on ne peut pas dire que nous sommes pour le développement de l’emploi et, lorsqu’un tel projet surgit, s’insurger en s’y opposant. Je rappelle à ces élus que parmi leurs concitoyens, il y a également des employés de la plate-forme » rappelle le vice-président en charge de l’aménagement et de l’emploi, Francis Chouat.

A ce jour, le Conseil général s’en tient aux positions d’ADP et jugera sur les actes. « Nous voulons agir pour favoriser le développement des territoires, et donc de l’emploi, tout en préservant la qualité de vie des riverains » explique Jérôme Guedj, « ce qui est sûr, c’est qu’Orly a vocation à devenir bien plus qu’un aéroport mais plutôt un lieu de vie, d’emploi, un pôle multimodal, un lieu réconcilié avec l’urbain. Soyons donc cohérents, visionnaires, vigilants mais sereins ». Pas sûr que les quelques 320 000 habitants concernés par les nuisances aériennes soient aussi sereins.