Société. Alors que les associations contre les nuisances aériennes réclament l’allongement du couvre-feu sur l’aéroport d’Orly, le groupe Aéroport de Paris (ADP) s’apprête à annoncer ce mercredi un projet colossal de modernisation du site.

L’information a été révélée la semaine dernière par le site « La Tribune », puis confirmée par ADP qui donne une conférence de presse ce jour sur le sujet. Le groupe aéroportuaire projette en effet d’investir plusieurs centaines de milliers d’euros pour transformer le deuxième aéroport parisien d’ici 2018. Au programme, la construction d’un bâtiment de jonction entre les terminaux Ouest et Sud, pour avoir un seul et même terminal pour Orly, ce qui permettra d’accroitre la capacité d’accueil de 27 à 40 millions de passagers. Ce projet prévoit également la création d’une nouvelle salle d’embarquement dédiée aux vols internationaux pour pouvoir accueillir des gros porteurs comme l’airbus A380. Des travaux qui, selon ADP, permettront d’améliorer la qualité de services et la capacité d’accueil de l’aéroport, ainsi que sa liaison avec Paris et la province, le groupe cherchant actuellement à acquérir une station de métro et une gare TGV à Orly, ce qui ne dépend pas de lui. Si ADP assure que ce projet ne remettra pas en cause le strict respect du nombre de créneaux autorisées pour une année et du couvre feu appliqué sur l’aéroport, associations et élus donnent l’alerte.

 Une menace pour les riverains

Alors que le rapport de la commission stratégique sur l’avenir de Paris-Orly demandé par François Fillon n’a pas encore été remis au gouvernement, l’association AVEVY, qui lutte contre les nuisances aériennes générées depuis Orly, voit ce projet comme une provocation. Surtout quinze jours après qu’ils aient réuni une soixantaine d’élus de tous bords pour demander l’allongement du couvre-feu d’une heure (lire notre article). « Nous vivons une crise majeure qui affecte toute la population, mais l’Etat, actionnaire d’ADP à plus de 52%, approuve un investissement qui dépassera 450 millions d’euros pour augmenter les nuisances sonores et surtout atmosphériques sur notre région ? Nous devons dire Non » dénonce Gérard Bouthier, président de l’AVEVY. L’augmentation du nombre de passagers et l’arrivée de l’airbus A380, plutôt bruyant, effraient également les élus, à l’image de Didier Gonzales, maire de Villeneuve-le-Roi et président de l’Association des élus riverains d’Orly (AERO). « Il s’agit d’une menace particulièrement grave pour les très nombreux riverains de cet aéroport implanté dans un tissu urbain dense qui existait bien avant son implantation ». Ce dernier vient de saisir le ministère des Transports ainsi que la ministre du Grand Paris, Cécile Duflot, ancienne adjointe à Villeneuve-Saint-Georges, ville impactée par le trafic d’Orly. Les maires des communes et les associations de riverains organisent déjà la riposte.