Politique. Ce lundi, une trentaine d’élus de l’Essonne et du Val de Marne, de tous bords confondus, étaient réunis pour la conférence de presse de l’association AVEVY qui lutte contre les nuisances aériennes générées depuis l’aéroport d’Orly. Ils réclament l’allongement d’une heure du couvre-feu légal qui s’étend actuellement de 23h30 à 6h.

  • Photo : Une trentaine d’élus de tous bords étaient réunis à Paris pour afficher leur soutien à l’association AVEVY. (© QB/EI)

« Le ciel appartient aussi à ceux qui demeurent dessous ». C’est du moins ce qu’est venue rappeler l’Association Vigilance Environnement de la Vallée de l’Yerres (AVEVY) qui tenait une conférence de presse ce lundi au Centre d’accueil de la presse étrangère à Paris (CAPE). Pendant deux ans, l’AVEVY a mené une étude sur près de 5000 mouvements d’aéronefs dans les périodes précédant ou suivant les limites du couvre-feu actuel sur l’aéroport de Paris-Orly. Un couvre-feu qui s’étend actuellement de 23h30 à 6h. « Une période qui ne permet que 6h30 de sommeil et qui concerne plus de 320 000 habitants » rappelle Gérard Bouthier, le président de l’association. Or, l’Organisation Mondiale de la Santé recommande une période de sommeil continu de 8 heures pour tout adulte en bonne santé, et ce dans un environnement sonore inférieur à 35 dBA.

« Sur les deux années étudiées, il s’avère que, sur les 685 mouvements quotidiens, seuls six d’entre eux sont en moyenne effectués entre 6h et 6h30 et 23h et 23h30. Il est inadmissible que six aéronefs par jour puissent mettre en danger la santé physique et psychique de centaines de milliers de riverains » explique Gérard Bouthier, « nous ne demandons pas de supprimer ces six vols mais seulement de les déplacer dans la demi heure qui suit ou qui précède pour permettre aux habitants survolés de dormir une heure de plus par jour ». Ainsi, selon cette étude, il suffirait aux opérateurs de retarder les mouvements du matin de 13 minutes et d’avancer ceux de la nuit de 11 minutes en moyenne. « Les contraintes qui pourraient être avancées par les opérateurs ne sont absolument plus acceptables face aux enjeux majeurs pour la santé de la population » ajoute le président de l’AVEVY devant une trentaine d’élus venus afficher leur soutient.

« Les nuisances aériennes n’ont pas de couleurs politiques »

A ce jour, une soixantaine d’élus de tous bords confondus ont apportés leur soutien à l’AVEVY qui a été reconnue d’intérêt général en 2007. Ils étaient moitiés moins à répondre présent lors de la conférence de presse de ce lundi. Les députés de l’Essonne Nathalie Kosciusko-Morizet (UMP), Eva Sas (EELV) et Nicolas Dupont-Aignan (DLR) étaient présents ainsi que plusieurs maires des communes concernés par ces nuisances. En revanche, les présidents du Conseil général de l’Essonne et du Val de Marne, Jérôme Guedj et Christian Favier, bien qu’annoncés, se sont fait remarquer par leur absence. Le député-maire et président de l’agglomération du Val d’Yerre, Nicolas Dupont-Aignan, en a profité pour « insister sur un paradoxe ». « Le gouvernement et les Conseils généraux font des efforts, mais à côté de ça la situation se dégrade, les dérogations pour décoller pendant le couvre-feu ne cessent d’augmenter. J’aimerais que les présidents de Conseil général tranchent ».

De son côté, Jérôme Guedj s’est excusé pour son absence dans un courrier adressé au président de l’AVEVY dans lequel il se montre, pour le coup, moins tranché sur la question. « La problématique des nuisances sonores constitue évidemment un thème central lorsqu’il est question de qualité de vie au sein d’un territoire. Pour autant, la question de l’extension du couvre-feu ne peut être appréhendée de manière isolée, ni sans que des études approfondies et un dialogue partenarial ne soient engagées » écrit Jérôme Guedj en invitant le président de l’AVEVY à rencontrer son 1er vice-président chargé de l’aménagement du territoire, Francis Chouat. Les quelques 320 000 habitants concernés par ces nuisances aériennes devront visiblement patienter encore un peu avant de pouvoir dormir une heure de plus.