Politique. Ce dimanche, des milliers de personnes ont défilé dans les rues de Paris à l’appel d’une soixantaine d’organisations, dont le Front de Gauche, pour dire « non » à la ratification du traité budgétaire européen qui sera voté à l’assemblée nationale le 9 octobre prochain. En Essonne, bon nombre d’élus et d’organisations syndicales anti-traité en appellent directement aux parlementaires qui s’apprêtent à voter.  

  • Photo : une lettre envoyée aux élus du département par la fédération PCF de l’Essonne. (DR)

Fort du rassemblement de ce dimanche à Paris, les élus opposés à la ratification du traité budgétaire européen espèrent bien faire entendre leur voie dans l’hémicycle où sera voté ce texte le 9 octobre prochain. En Essonne, une soixantaine d’élus, PCF/Front de Gauche réunis, ont lancé un appel à leurs collègues parlementaires pour la tenue d’un référendum sur l’adoption du TSCG rebaptisé « traité de l’austérité ». « Ces politiques d’austérité imposent déjà à nos voisins européens des mesures d’une brutalité insupportable qui ne font qu’aggraver la récession et le chômage. Ce traité est bon pour la finance, il n’est pas bon pour le peuple. C’est au peuple d’en débattre et d’en décider en toute connaissance de cause » écrit Claude Vazquez, conseiller général de l’Essonne. Un collectif réunissant plusieurs organisations politiques et syndicales s’est également adressé directement aux députés et sénateurs de l’Essonne, en leur rappelant la promesse de François Hollande de « renégocier le traité européen en privilégiant la croissance et l’emploi ». « Or, ce traité est identique au texte rédigé par Nicolas Sarkozy et Angela Merkel. Dans ces conditions, nous vous demandons de rejeter la ratification parlementaire de ce traité, pour laquelle les électeurs n’ont pas donné mandat à la nouvelle majorité » écrit le Collectif pour un audit citoyen de la dette publique (CAC) dans une lettre ouverte adressée aux parlementaires de l’Essonne qui s’apprêtent à voter.

Le PS a besoin d’une majorité absolue

Malgré cette division à gauche, le oui devrait l’emporter massivement à l’Assemblée. Le véritable risque pour la majorité serait de faire adopter ce traité par la droite, quasi-unanime sur le sujet. Le PS a besoin d’une majorité absolue de gauche pour renforcer l’image de son président. Sur les 297 députés socialistes, une vingtaine d’entre eux, proches du courant Hamon, devraient voter « non ». Parmi ces non-istes du PS, on retrouve le président du Conseil général de l’Essonne Jérôme Guedj. Sur les autres bancs de la gauche, douze députés écologistes sur dix-sept ont affirmés qu’ils voteraient contre, tout comme les quinze élus du PCF et du Front de Gauche. Pour obtenir cette précieuse majorité absolue, les socialistes vont semblent t’il avoir besoin du vote des seize députés radicaux de gauche, pour pouvoir atteindre la barre des 289 voix requises. La réponse dans dix jours.