Économie. Faire du camping en Essonne, une drôle d’idée ? Pas vraiment. Notre département attire des campeurs aux intérêts divers, les uns viennent pour la nature, les autres pour le sport, d’autres encore pour le travail. Exemple avec le Camping du Nid Vert à Mondeville.

  • Photo : Le département compte de multiples campings (© JC/EI)

Le camping du Nid Vert à Mondeville est un charmant petit coin de nature entouré de champs, au calme. Ses 190 emplacements se divisent en différentes parcelles, les unes classiques pour les tentes, les autres pour les caravanes, les autres encore sont occupées par des bungalows louables à la nuitée ou à l’année. Si le site existe depuis 40 ans, il a été repris par Stéphane Volfer en février. Au-delà du « parcours du combattant » que représentent les travaux de remplacement des blocs sanitaires ou encore de modification des canalisations, il fait le point sur la situation de son camping et des autres en Essonne.

Une « pénurie » des hébergements touristiques

Si Stéphane a repris l’affaire, c’est qu’il y croit. Et la première raison de cela c’est le manque d’hébergements touristiques dans notre département. Pourtant les sites à visiter ou à exploiter ne manquent pas, et il souligne le bon travail du Conseil Général dans leur promotion. Il regrette simplement que les subventions allouées aux sites comme le sien aient baissé ces dernières années. Et lui qui tente de faire retrouver au camping du Nid Vert, anciennement camping de la Roche aux Dames, son cachet d’antan et ses trois étoiles autrefois acquises, sent ce manque d’aide au jour le jour. Entre gros œuvre et campagne de publicité, Stéphane a fort à faire. La météo de cet été ne l’a pas aidé à relancer l’activité du Nid Vert et il a constaté que certains habitants de Mondeville même ne connaissaient pas son existence. Pourtant il rappelle que le camping constitue « une base importante pour la vie de la commune » comme le montrent les initiatives qu’il a mises au point avec les artisans locaux. Le boulanger qui prend commande la veille et vient déposer son pain le matin ou encore un maroquinier ou un apiculteur de la région qui viennent proposer leurs produits aux campeurs. Mais le plus important pour la survie du camping est de diversifier les offres pour assurer un remplissage moyen de seize semaines par an, le « point d’équilibre » selon les données nationales.

Des campeurs de partout, pas toujours touristes

Et cette diversification est présente dans tous les campings de l’Essonne comme l’énumère Stéphane Volfer. Il y a d’abord une clientèle parisienne, toute la semaine dans le bruit et l’accumulation des véhicules et des hommes, elle vient chercher une « mise au vert », ce qui est le principal but recherché par Stéphane dans la remise en forme du camping. On retrouve aussi des sportifs, principalement intéressés par l’escalade, qui se tournent vers la forêt de Fontainebleau connue à l’échelle européenne. Il note aussi la présence de travailleurs migrants qui préfèrent parfois passer la nuit dans un bungalow, un confort suffisant pour un prix bien moindre que celui de l’hôtel. En saison, les touristes venus visiter Paris choisissent un emplacement proche des transports en commun pour éviter les coûts supplémentaires de la location d’un véhicule ou d’un logement dans la capitale. Et comme le souligne le gérant du Nid Vert, « seul le camping permet d’offrir des services à une telle diversité de personnes ». Les hôtels ou chambres d’hôtes sont en effet axés sur un type de clientèle particulier. Stéphane est fier de pouvoir travailler au sein d’un lieu qui participe au développement du tissu économique, social et même linguistique de l’Essonne, et sa façon sympathique de converser avec les quelques habitués encore présents en ce début d’année scolaire en témoigne.