Politique. Fraîchement élu vice-président du conseil général, Gérard Funès vient de démissionner de son mandat de maire dans la foulée. Rafika Rezgui lui succédera. L’opposition dénonce « des petits arrangements d’arrières boutiques ».

  • Photo : Gérard Funès (à gauche) passe la main à Rafika Rezgui (à droite), ici autour du ministre François Lamy (DR)

C’est dans une lettre datée du 26 septembre, à l’attention des élus socialistes du conseil municipal, que Gérard Funès fait part de sa décision de démissionner de ses fonctions de Maire qu’il occupe depuis 35 ans. Deux jours auparavant, le Conseil général de l’Essonne l’a élu, sur proposition de son président, aux fonctions de Vice-Président chargé du partenariat avec les territoires. A 74 ans, Gérard Funès retrouve ainsi l’exécutif départemental, un an après l’avoir quitté au moment de l’élection de Jérôme Guedj. Contacté ce jeudi par Essonne Info, il assume son choix : « Ces nouvelles fonctions sont incompatibles avec la poursuite de la direction de la ville mais je resterai au sein de l’équipe municipale ». Il officialisera sa démission dans une lettre à la population d’ici le début de la semaine prochaine.

« Forcer le renouvellement au mépris des électeurs »

A dix huit mois des prochaines municipales, cette démission fait bondir l’opposition qui dénonce « des petits arrangements d’arrière boutique » : « Les socialistes veulent s’assurer de garder la municipalité en forçant le renouvellement au mépris des électeurs  » dénonce Hervé-Pierre Maltrud, conseiller municipal UMP et d’ores et déjà candidat aux échéances de 2014. « Démissionner aujourd’hui, c’est donner la place à une prétendante comme Rafika Rezgui. Pendant dix-huit mois, je vais avoir face à moi quelqu’un qui sera en campagne avec l’appuie de la mairie. Il est vrai qu’avec un bilan aussi catastrophique en matière de sécurité, du petit-commerce, d’emploi, d’absence de projet d’avenir, ils peuvent avoir peur quant à la succession de Funès ».

« Gérard Funès soutient ma candidature »

De son côté, Gérard Funès dément toute stratégie. « Si on ne m’avait pas proposé la vice-présidence, je n’aurai pas démissionné. Démissionner à cette période ça existe dans de nombreuses communes. Mais c’est évident qu’après avoir été maire pendant 35 ans, on se préoccupe un peu de sa succession ». Pour ce qui est du nom de son successeur, Gérard Funès admet « avoir un souhait », « mais il faut attendre que les procédures se fassent ». Contactée par téléphone, celle dont le nom circule au sujet de la succession du maire se montre plus loquace : « Je confirme que je serais candidate et j’ajoute que c’est pour moi un double honneur. Un honneur de pouvoir poursuivre l’action de Gérard Funès, cet homme public très important pour notre ville, et c’est un honneur parce qu’il soutient ma candidature » déclare Rafika Rezgui, l’actuelle adjointe au maire chargée de la solidarité, de la petite enfance et de l’emploi.

Henri Fiori sur la touche

Une nouvelle qui ne réjouit pas le premier adjoint au maire et secrétaire du PS de Chilly-Mazarin, Henri Fiori. « Au début du mandat j’étais pressenti à la succession de Gérard Funès mais j’ai appris lundi qu’il s’apprêtait à laisser son mandat à Rafika Rezgui, alors qu’il avait promis aux habitants et à moi qu’il irait jusqu’au bout ». Inquiet, Henri Fiori compte bien interférer dans les plans de succession de Gérard Funès. « J’ai demandé au premier secrétaire du PS de l’Essonne, Carlos Da Silva, d’arbitrer entre la volonté de Funès de voir le candidat désigné par le groupe PS et la mienne, qui est de faire respecter le règlement qui stipule que c’est à la section du PS de désigner le candidat ». Une demande laissée sans réponse pour le moment. On devrait connaître officiellement le nom du successeur d’ici quinze jours, lors d’un conseil municipal extraordinaire où les élus désigneront leur prochain maire.