POLITIQUE > Une élection à Corbeil-Essonnes, ce n’est jamais simple pour personne, et c’est toujours plein de péripéties inattendues, ou pas. Après une semaine haute en couleur, les corbeil-essonnois votent donc ce dimanche avec trois choix possibles pour le poste de maire de leur commune. C’est d’abord le duel tant attendu, entre Jean-Pierre Bechter (UMP), maire sortant, dont l’élection, en 2009, a été invalidée et Bruno Piriou (PC), vice-président du conseil général de l’Essonne, adversaire depuis 1995 face à Serge Dassault, et plus récemment et frontalement à Jean-Pierre Bechter. L’ancien adjoint de Serge Dassault puis de Jean-Pierre Bechter, Jean-François Bayle, essaye quant à lui d’incarner l’alternative aux deux « grands ».

La fin de campagne officielle est aujourd’hui à minuit. Les militants de chaque camp vont donc batailler ferme pour convaincre de voter pour tel ou tel candidat, pour convaincre d’aller voter tout court d’ailleurs. C’est bien là tout le problème de cette élection.

Problème n°1 : l’abstention

C’est la chose que redoute les candidats et leurs colistiers ce dimanche, lors du premier tour, et hypothétiquement, l’unique. C’est surtout ce qu’on a entendu dans la bouche des corbeil-essonnois tout au long de la campagne, la lassitude de retourner encore aux urnes. C’est en effet la 3ème élection en 3 ans dans cette ville usée par une démocratie et une vie démocratique un peu spéciales.  En 2009, la participation était de 47,9 %. La question est de savoir si un chiffre inférieur de participation déterminera l’issue du scrutin, et si oui, dans quel sens.

Les événements de la semaine au sein du duel gauche-droite

Mercredi soir, la gauche s’est réunie au sein du Palais des sports de Corbeil. Diffusant un mot de soutien de Stéphane Hessel, plusieurs candidats de la liste conduite par Bruno Piriou, ainsi que des élus du département, ont mis en dynamique la campagne devant quelques 300 personnes. Le week-end dernier, Manuel Valls, accompagné de Francis Chouat et Michel Nouaille, ont été « pris à parti et violemment agréssés verbalement, insultés et menacés physiquement par une bande de voyous », selon un communiqué du député-maire d’Évry. Manuel Valls en a profité pour dénoncer « un système mafieux mis en place et entretenu, depuis des années, par Serge Dassault ».

Ces déclarations ont provoqué la sortie du candidat UMP cette semaine, à propos d’enregistrements d’une discussion entre Bruno Piriou et des jeunes visant à le discréditer lors de la campagne précédente. Jean-Pierre Bechter, lors d’une conférence de presse, a expliqué qu’« il fallait qu’ [il se] défende contre ces calomnies. On était parti sur une campagne exemplaire, claire et limpide ». L’ex bras droit de Serge Dassault a pourtant ces enregistrements en possession depuis le 13 juillet 2009. C’est donc une attaque en bonne et due forme de sa part, comme une dernière tentative, comme le dernier pion engagé dans la bataille pour cette Mairie qui attise toutes les convoitises.

Jean-François Bayle tente de tirer son épingle du jeu et entre dans la bataille

Dur d’exister alors que deux poids lourds de la politique locale s’affrontent, et ce depuis des années. C’est le cas pour cet ancien adjoint au maire sortant. Jean-François Bayle tente quand même de se jeter dans « la fosse aux lions » et décide lui de s’en prendre aux deux autres candidats. Il se place ainsi comme l’homme alternatif au système général mené par la droite et la gauche depuis des années. « Bruno Piriou et Jean-Pierre Bechter faisant campagne de la même manière, il devient difficile de les distinguer » commente d’ailleurs le candidat divers droite à propos de la campagne d’affichage massive dans la ville. Il s’appuie sur le code électoral, dénonçant des « infractions » de la part des deux autres candidats.

Sur sa lancée, et dans un autre communiqué, Jean-François Bayle demande un droit de réponse au Parisien concernant sa une de l’édition Essonne d’hier. Nos confrères ont en effet décrit le candidat comme possédant « un côté girouette qui peut agacer ». Jean-François Bayle ne considère pas cette phrase comme « une information vérifiable ou un commentaire d’un des deux autres candidats sur ma propre candidature ». Il ajoute, dans une lettre adressée au journal Le Parisien, que les auteurs de ces lignes portent « un jugement de valeur de nature à influencer les électeurs par son côté désobligeant ».

Le décor est posé, il ne reste plus qu’à savoir qui va l’emporter ce dimanche, ou du moins qui ressortira de l’élection dans la meilleure position en vue du deuxième tour. C’est d’ailleurs la grande question du second tour s’il a lieu : Jean-François Bayle fera t-il alliance avec Jean-Pierre Bechter ? Dans un premier temps, la grande question concerne le premier tour : la gauche unie a t-elle crée les conditions de la victoire dès ce dimanche ? Rendez-vous dans notre édition de lundi pour le savoir !