Politique. Le maire de Bures-sur-Yvette Jean-François Vigier (MoDem) vient de relancer le débat sur les centres éducatifs fermés pour mineurs (CEF) en interpellant la nouvelle garde des Sceaux Christiane Taubira. Il demande à la ministre de la Justice des garanties concernant la transformation en CEF du centre ouvert qui existe depuis cinquante ans dans sa commune.

  • Photo : le maire de Bures-sur-Yvette réclame des garanties avant l’ouverture d’un centre fermé pour mineurs dans sa commune. (DR)

Il y a un mois, Christiane Taubira a créé un tollé à droite en déclarant que les centres éducatifs fermés, créés en 2002 par l’ancienne majorité, n’étaient pas forcément « la solution » en matière de délinquance juvénile. La garde des Sceaux prenait ainsi à contrepied la promesse de François Hollande de doubler le nombre de ces structures. La France en compte actuellement quarante-quatre, accueillant chacun une douzaine de mineurs âgés de 13 à 18 ans. Le ministère de la Justice a récemment annoncé l’ouverture de quatre nouveaux CEF, par transformation de structures existantes, avant la fin de l’année. C’est le cas à Bures-sur-Yvette où un Centre d’action éducative (CAE) en milieu ouvert existe depuis cinquante ans. A la suite des déclarations de Christiane Taubira, le maire de la commune Jean-François Vigier décide de lui adresser un courrier. « Je lui ai demandé deux choses », nous explique l’intéressé joint par téléphone, « soit ce n’est effectivement pas la solution et vous arrêtez tout, soit vous ne voulez pas revenir dessus et dans ce cas je demande des garanties sur les conditions de fonctionnement du centre. »

« Un immense bazar »

Le maire ne cache pas son inquiétude ni celle des riverains de sa commune. Inquiétudes basées sur une multitude de dysfonctionnements apparus ces dernières années dans des structures semblables. Exemple le plus proche géographiquement, le centre fermé de Savigny-sur-Orge a défrayé la chronique plus d’une fois. Encadrement insuffisant, fugues régulières, dégradation des lieux, après sept mois d’observation, la directrice de cet établissement avait lancé un appel au secours dans le Libération du 18 avril dernier. « Tout est sale, dégradé et délabré », écrivait-elle avant de conclure : « Ma mission devient très difficile, sinon impossible ». Un état des lieux alarmant qui n’a pas échappé au maire de Bures-sur-Yvette : « On voit bien que c’est un immense bazar, ces centres créent un environnement anxiogène pour les mineurs, pour les éducateurs et pour les riverains. Au regard des récentes révélations sur ces centres, l’ouverture de cette structure à Bures est-elle encore indispensable ? Ne peut-on lui rendre sa destination première qui est celle depuis quarante ans de centre ouvert ? », s’interroge le maire. Aujourd’hui, il attend toujours ses garanties de la part d’une garde des Sceaux restée muette sur le sujet depuis ses déclarations.