Politique. François Hollande avait fait de la fin du cumul des mandats un de ses chevaux de bataille durant sa campagne. Mais depuis son élection, les députés et sénateurs PS semblent moins enthousiastes à l’idée d’abandonner leurs mandats exécutifs locaux, du moins tant que la loi n’entre pas en vigueur. En Essonne, six parlementaires socialistes sont en situation de cumul.

  • Photo : de gauche à droite, Michel Pouzol, Maud Olivier, Carlos Da Silva, Claire-Lise Campion, Jérôme Guedj et Thierry Mandon. (DR)

Le 28 aout dernier, l’ensemble des députés et sénateurs socialistes ont eu l’agréable surprise de recevoir une lettre signée par la patronne du parti. Par l’écrit, Martine Aubry leur donne jusqu’à la fin du mois de septembre pour abandonner leurs mandats exécutifs locaux, si ce n’est pas déjà fait. Si François Hollande avait annoncé la fin du cumul des mandats durant sa campagne, certains « cumulards » socialistes semblent traîner des pieds depuis son élection. Pour la première secrétaire du parti, pas question d’attendre l’adoption d’une loi pour pouvoir l’appliquer, par devoir d’exemplarité. Un avis partagé par Yoann Simboiselle, animateur fédéral des jeunes socialistes de l’Essonne, dans sa tribune « Je demande au gouvernement… »

Six cumulards à la loupe

En Essonne, les députés Maud Olivier, Michel Pouzol, Thierry Mandon, Carlos Da Silva et Jérôme Guedj, ainsi que la sénatrice Claire-Lise Campion, se trouvent toujours en situation de cumul. Parmi eux, trois se plieront à la règle dès le 24 septembre, date du remaniement de l’exécutif du conseil général de l’Essonne. Sans surprise, Michel Pouzol lâchera son poste de septième vice-président comme il l’avait annoncé dès son élection au siège de député de la 3e circonscription. Idem pour Claire-Lise Campion et Maud Olivier qui s’apprêtent à quitter la vice-présidence du département. Cette dernière avait déjà démissionné de son fauteuil de maire des Ulis peu après sa victoire aux législatives dans la 5e circonscription.

En revanche, le président du conseil général Jérôme Guedj et son vice-président Carlos Da Silva semblent bien décidés à jouer la montre encore quelque temps. Ces deux-là prétextent une situation inconfortable, en tant que suppléant de ministre. « Par définition, le job de ministre est précaire, il peut s’arrêter à tout instant. Et par conséquent, je ne me vois pas démissionner d’une fonction de président de conseil général, alors que le lendemain, pour des raisons diverses, le ministre peut redevenir député », confiait Jérôme Guedj dans une interview accordée à Essonne Info. Interrogé par Le Parisien après le rappel à l’ordre de Martine Aubry, le président du conseil général a reconnu être « un peu mal à l’aise » face à cette situation « peu confortable ».

De son côté, Thierry Mandon se veut plus catégorique. Le député socialiste de la 9e circonscription, qui a quitté l’exécutif du conseil général après sa victoire, refuse d’abandonner sa place de maire de Ris-Orangis tant que la loi promise par François Hollande n’est pas votée. Le message de fermeté envoyé par la patronne du PS ne semble pas avoir été pris au sérieux par tous.

La fin du désir d’exemplarité

Car voilà, à l’issue du congrès de Toulouse qui se déroulera les 26 et 28 octobre prochain, Martine Aubry cédera sa place à Harlem Désir à la tête du PS. De quoi détendre les cumulards socialistes qui se voyaient pousser vers la sortie par la maire de Lille. Dans une tribune au Monde du 8 septembre, le futur premier secrétaire passe outre l’exemplarité voulue par Martine Aubry en déclarant que « la limitation du cumul des mandats passera par la loi ». Les cumulards, de gauche comme de droite, ont encore de beaux jours devant eux.