POLITIQUE > Nouveau « rebondissement » dans la campagne électorale, à quelques jours des élections municipales de Corbeil-Essonnes. Le candidat UMP accuse , sur la base d’enregistrements son rival, le communiste Bruno Piriou d’avoir cherché à le discréditer.

Hier mardi matin à 11 heures aux Pinsons, une résidence appartenant à Serge Dassault à Corbeil-Essonnes, Jean-Pierre Bechter, candidat à sa succession à la mairie de Corbeil a convoqué la presse. Motif : des enregistrements calomniant le candidat UMP ont été interceptées. Des copies de ces enregistrements, expertisées par un huissier parisien, sont remises aux journalistes. « Dans ces écoutes, on entend clairement Bruno Piriou demander à des jeunes de produire de faux témoignages, en vue de me faire perdre ma légitimité dans cette campagne, explique le candidat invalidé par le Conseil d’Etat. Ce sont des faits criminels, délictueux, qui seront condamnés. »

Jean-Pierre Bechter se dit scandalisé par ces méthodes. « En quarante ans de vie politique, je n’ai jamais été confronté à un falsificateur ». Les fichiers sonores lui ont pourtant été remis le 13 juillet 2009, et réapparaissent seulement ce jour. A l’époque, un coup de téléphone au candidat : c’est un jeune du quartier des Tarterêts qui remet gracieusement cette « pièce à conviction ». Mais le candidat aux municipales est méfiant : ce n’est qu’une fois les enregistrements validés par un huissier qu’il gardera les documents. Et les fera réapparaitre seulement ce jour. « Etant donné que j’avais gagné les dernières élections, (NDLR : avant leur invalidation par le Conseil d’Etat), j’ai pensé qu’il était inutile de revenir sur ces incidents, voilà pourquoi je n’ai pas parlé de ces écoutes. »

Mais les propos de Manuel Valls, ce week-end dans le JDD, qualifiant de « système mafieux » le mandat de Serge Dassault, ont fait sortir l’ancien édile de ses gonds et poussé à faire connaître au grand public ces documents. «  Il fallait que je me défende contre ces calomnies. On était partis sur une campagne exemplaire, claire et limpide. Ces faux témoignages sont inadmissibles dans une démocratie. Bruno Piriou est le seul instigateur, le seul bénéficiaire, le seul falsificateur de cette machination. ».

Une plainte déposée

D’ores et déjà, cinq personnes ont reconnu dans un courrier adressé au Palais de Justice de Paris, avoir menti. « Pour faire plaisir à Monsieur Piriou, en échange, est-il écrit dans cette lettre (dont une copie a été remise aux journalistes), d’un travail dans la nouvelle municipalité. »
Le candidat UMP a porté plainte contre Bruno Piriou, « instigateur » de la calomnie. «  Ces actes visent à me discréditer, et à travers moi, Serge Dassault » a t-il expliqué. Avant d’ajouter que certaines personnes dont on entendait les voix sur les écoutes ont été reconnues et auditionnées par la justice.

Ce dernier sursaut dans une campagne déjà riche en incidents aura t-il une incidence sur la participation des habitants ou sur l’issue du scrutin ? Il faudra regarder du côté des urnes, dimanche prochain.