SOCIAL > L’Education Nationale a annoncé en fin de semaine dernière que les enseignants, en poste sur des remplacements longs, devaient céder leur place à des enseignants stagiaires. La décision a pris de court les intéressés comme les syndicats.

Il est 17h30 devant la préfecture d’Evry. Une vingtaine de personnels du corps enseignant manifestent à l’appel de l’intersyndicale FO, Sensa, Sgen-CFDT, CGT Educ’action et SNUipp91. En cause, la récupération des postes d’enseignants en remplaçement long par des stagiaires. La décision a pris au dépourvu ces professeurs investis dans leurs fonctions depuis le début de la rentrée scolaire, en septembre dernier.

Emmanuel Cabiran, coordinateur départemental SNUipp, raconte le désarroi dans lequel se trouvent ces enseignants. «  Ils vivent très mal cette situation. J’ai eu des collègues en pleurs au téléphone… Ils étaient tous investis dans leurs classes et beaucoup avaient préparé des chorales ou des activités en vue des fêtes de Noël. Ils ne pensaient pas que leur mission prendrait fin de manière aussi brutale et précipitée ».

30 écoles concernées en Essonne

Les differents syndicats dénoncent le mépris de l’Education Nationale pour ces enseignants, mais également pour les enfants scolarisés et leurs parents ( venus soutenir les enseignants lors de cette action).  » Les stagiaires sont très peu formés, explique Emmanuel Cabiran. Il faut aussi souligner que ces derniers seront remplacés par d’autres stagiaires une fois leur période pratique terminée. Les enfants pourront donc avoir au cours de l’année de deux à trois professeurs differents, ce qui va à l’encontre de la continuité pédagogique nécessaire au bon déroulement des apprentissages. »

Une trentaine d’écoles ainsi que d’enseignants seraient concernés par cette situation selon les syndicats. Ces derniers demandent à l’Académie que les enseignants remplaçants soient maintenus dans leurs fonctions et que les stagaires soient utilisés aux endroits où existe un manque et non pour prendre des places déjà occupées.
A 19 heures, ils attendaient derrière les grilles de la préfecture d’être reçus par l’Inspecteur d’Académie.