Politique. Parmi les dix députés élus en Essonne le 17 juin dernier, cinq d’entre eux, tous socialistes, siègent également au conseil général. Conformément à la loi, ceux-ci ont jusqu’au 20 juillet pour abandonner un de leurs mandats locaux. 

Pendant sa campagne présidentielle, François Hollande s’est engagé à interdire purement et simplement le cumul des mandats pour les parlementaires. Selon la loi toujours en vigueur, l’exercice d’un mandat parlementaire est incompatible avec l’exercice de plus d’un mandat local. Maud Olivier, Jérôme Guedj, Carlos Da Silva, Michel Pouzol et Thierry Mandon ont donc trente jours, à partir de leur élection, pour démissionner d’un de leurs mandats locaux.

Jérôme Guedj quittera le conseil municipal de Massy

Dans une interview accordée à Essonne Info pendant les législatives, Jérôme Guedj avait annoncé sans surprise qu’il « quitterait le conseil municipal de Massy ». Le président du conseil général, qui siègera dans l’assemblée qui votera la loi promise par François Hollande, s’est montré plus réticent à l’idée de devoir quitter son siège à la tête du département. « Me concernant, il y a une chose particulière, c’est que je suis le suppléant d’un ministre. Par définition, le job de ministre est précaire, il peut s’arrêter à tout instant. Et par conséquent, je ne me vois pas démissionner d’une fonction de président de conseil général, alors que le lendemain, pour des raisons diverses, le ministre peut redevenir député. Réélire un président de conseil général c’est recomposer tout l’exécutif. C’est une raison supplémentaire pour ne pas être dans la démission », explique Jérôme Guedj.

Carlos Da Silva hésite encore

Carlos Da Silva, suppléant de Manuel Valls, se trouve dans une situation similaire. « Mon cas est un peu particulier parce que je ne préside pas d’exécutif et je suis suppléant. Certes je deviendrai député, mais objectivement, n’importe qui comprendra que ma situation est différente, à l’instar de celle de Jérôme Guedj », explique le 3e vice-président du conseil général et conseiller municipal d’opposition à la mairie de Corbeil. Pour l’heure, ce dernier n’a pas encore fait son choix : « Je veux être utile aux Corbeil-Essonnois autant qu’aux Essonniens, donc je vais voir où je serais le plus utile ».

Ils ont fait leur choix

D’autres ont déjà pris leur décision. Michel Pouzol, 7e vice-président du conseil général et député de la troisième circonscription abandonnera son siège de conseiller municipal de Brétigny-sur-Orge. Pour ce qui est de la future loi promise par François Hollande, le nouveau député a déjà fait son choix : « Ma position est claire et simple, je dis qu’à terme je quitterai la vice-présidence du conseil général. Après ça va dépendre de la volonté du président Jérôme Guedj et de l’intérêt des Essonniens mais je n’ai pas de problème avec ça ». De son côté, Maud Olivier quittera à la fin du mois son siège de maire des Ulis. A l’inverse, Thierry Mandon préfère conserver sa place de maire de Ris-Orangis. « J’appliquerai la loi, pour l’instant elle n’autorise que deux mandats, donc dans le mois je laisserai mon mandat de conseiller général et tout le monde appliquera la loi », assure Thierry Mandon avant d’ajouter : « On considère d’ailleurs qu’elle est insuffisante donc on va la changer et on va l’appliquer ».

La droite exige une refonte de l’exécutif

De son côté, la droite semble trépigner d’impatience. « La parole présidentielle n’a nul besoin de loi pour être dès aujourd’hui respectée  ». Dans un communiqué adressé ce vendredi au président du conseil général, les élus du groupe UMP du conseil général demandent « la refonte de l’exécutif départemental dans les meilleurs délais ». Les élus de droite invitent Jérôme Guedj « à faire tomber les barrières fantômes, montées pour justifier le « statu quo » et aller contre les engagements » de sa famille politique. Dans une interview accordée à Essonne Info, la députée-maire de Longjumeau, Nathalie Kosciusko-Morizet, ne s’était pas privée d’attaquer le président du conseil général sur le sujet : « On voit Jérôme Guedj qui est en train de « chouiner » et d’expliquer que le cumul des mandats ça ne va pas être pour lui et qu’il va pouvoir être à la fois président du conseil général et député. Moi je veux qu’on m’explique pourquoi ça serait bon pour lui et pas bon pour les autres ».

« Que l’UMP balaye devant sa porte »

Les députés socialistes concernés n’ont pas tardé à répondre à la demande des élus de droite. « C’est amusant de voir que ceux qui nous critiquent sont ceux qui ont eu dix ans pour changer la loi », remarque Michel Pouzol avant d’ajouter : « Si c’était leur préoccupation, ils seraient montés au créneau plus tôt mais tant mieux, ça prouve qu’ils évoluent ». Même constat pour Thierry Mandon : « Si ils considèrent que la loi est insuffisante, ils avaient dix ans pour la durcir ». « Que l’UMP balaye devant sa porte », lâche Carlos Da Silva, « j’attends la lettre ouverte des élus de droite à Franck Marlin, à NKM, à Vincent Delahaye et à NDA, qui sont dans des situations de cumul extrême ». Interrogé par nos confrères du Parisien, Jérôme Guedj a cependant admis qu’un léger remaniement de l’assemblée départementale était à prévoir. « J’attends de voir quels mandats seront abandonnés par les uns et les autres », déclare le président du conseil général. Réponse le 20 juillet prochain.