POLITIQUE > Jeudi soir, les adhérents du PS auront à désigner leurs candidats aux élections sénatoriales de septembre 2011. Un vote qui « déchire » la fédération essonnienne.

Les adhérents du Parti Socialiste en Essonne auront jeudi soir à se prononcer sur la liste des candidats qui les représenteront lors des élections sénatoriales de septembre prochain. Qui de Francis Chouat (1er vice-Président du Conseil général et 1er adjoint au Maire d’Evry), ou de Michel Berson (Président du Conseil général de l’Essonne) sera désigné par les militants pour conduire la liste ? Et au final, l’écologiste Jean-Vincent Placé sera t-il imposé comme tête de liste, par la direction nationale du PS (Lire notre article), dans le cadre d’un accord avec le mouvement Europe Ecologie-Les Verts ?

La réponse à la première question sera tranchée jeudi soir. Une désignation qui sème la discorde, dans les rangs de la première force politique du département (Lire notre article).

Un vote loin d’être acquis pour la liste présentée par le Conseil fédéral du PS

La liste adoptée majoritairement par le Conseil fédéral du PS essonnien, l’instance délibérative, a surement des soucis à se faire. L’union, face à l’intention des instances nationales du PS d’imposer l’écologiste Jean-Vincent Placé comme tête de liste en Essonne, ne suffira pas. Chaque voix comptera, comme il est coutume de dire dans une telle situation.

Face à cela, Francis Chouat avance ses arguments pour séduire les adhérents socialistes. Ce qui se joue pour lui, « dans le vote du 2 décembre, c’est l’autorité de [la] fédération, son unité et son rassemblement ». Et pour la liste présentée par la fédération, « il faut assurer le renouvellement ». Une attaque à peine voilée à son adversaire, Michel Berson, qui à 65 ans souhaite briguer un mandat de sénateur, après avoir présidé durant les douze dernières années à la destinée du département. Francis Chouat, de trois ans son cadet, incarne, selon lui, le « renouvellement indispensable », en prenant le soin de signaler qu’il a été élu pour la première fois, en mars 2001, comme adjoint au Maire d’Evry, en charge du projet urbain et des finances.

« Il y a des jours où l’on se demande pourquoi restons-nous dans ce parti »

Dans un courrier, la Conseillère générale et Maire de Saint-Germain-lès-Arpajons, ne peut « cacher [sa] perplexité et [sa] déception à la lecture de [la] lettre », adressée par Claire-Lise Campion aux militants (Lire notre article). Pour Monique Goguelat, « nous sommes bien loin de l’unité », estimant que « rien n’a changé » et que le Parti Socialiste est toujours dans le « sauvons notre intérêt personnel ».

Principal soutien à la liste menée par Michel Berson, l’élue du canton d’Arpajon,se demande « comment peut-on (…) reléguer Michel Berson, qui n’a pas démérité, à la 5e place ». Revenant sur l’argument du renouvellement, Monique Goguelat pose la question suivante à sa collègue sénatrice : « Alors dans ce cas, pourquoi t’es-tu présentée ? (…) Continuons le changement jusqu’au bout ? »

« La rénovation en actes »

La question du renouvellement politique ne serait-elle pas la question du mandat unique ? C’est ainsi que répond Michel Berson à ses détracteurs, en se présentant comme l’homme « d’un seul mandat » qui «  a renoncé à son mandat de maire (…) quand il a été élu président du Conseil général ». Un principe qu’il applique encore aujourd’hui en annonçant qu’il ne demanderait pas le renouvellement de son poste à la présidence du Conseil général (Lire notre article), laissant ainsi la place à « la nouvelle génération ».

Mais pour Francis Chouat et Claire-Lise Campion, la liste déposée par Michel Berson, « vise à transformer en un combat personnel ce qui doit être plus que jamais un combat collectif ». Une accusation mise à mal par le Président du Conseil général, qui annonce d’emblée celles et ceux qui soutiennent sa « liste de rassemblement et d’efficacité ». « 15 maires, 3 présidents d’agglomération, 11 conseillers généraux et régionaux, de nombreux élus, responsables, militants et citoyens soutiennent déjà la liste » et pour qui, Michel Berson permettrait de « maximiser les chances de la gauche de remporter 3 sièges au Sénat dont 2 pour les Socialistes ».

Les prochains jours s’annoncent décisifs pour chacun des candidats à l’investiture, pour qui le vote reste à ce jour incertain.