Politique. A l’issue de ce second tour des élections législatives, la gauche devient majoritaire en Essonne avec sept sièges de député sur dix. La droite concède quatre circonscriptions à la majorité présidentielle, à l’image de George Tron, détrôné dans son bastion par son rival socialiste. Tour d’horizon départemental réalisé par les différentes équipes d’Essonne Info sur le terrain.

  • Photo (archive EI) : à l’image du meeting de l’entre-deux-tours de la présidentielle à Massy (lire notre article), le PS et les Verts raflent la mise. (© DM/EI)

Avec un taux d’abstention de 43,68%, les Essonniens étaient un peu moins nombreux à se rendre aux urnes qu’au premier tour (42,13%). Dans les communes les plus populaires, moins de la moitié des électeurs se sont déplacés ce dimanche. C’est le cas à Évry, avec seulement 43,12% de participation, Corbeil-Essonnes (45,44%), Courcouronnes (48,32%), Epinay-sous-Sénart (46,18%) et Fleury-Mérogis (48,28%). Mais c’est à Grigny, où nous faisions un reportage lors de la présidentielle, que les électeurs ont le plus boudé les urnes, avec une participation qui s’élève difficilement à 38,37%.

Des victoires attendues

Sans surprises, les deux ministres en lice, Manuel Valls et François Lamy, ont été réélus dans leur circonscription. Ils conservent ainsi leur poste au gouvernement et devront céder leur siège de député à leur suppléant respectif. Avec 65,6% des voix, Manuel Valls confirme dans son fief et fait même mieux que François Hollande qui avait réuni 63,7% des suffrages le 6 mai dernier. « De plus, il est majoritaire sur l’ensemble des six villes de la circonscription » fait remarquer Francis Chouat, successeur de Manuel Valls à la mairie d’Evry. « Les habitants de cette circonscription ont adressé un message de confiance à Manuel Valls », déclare son suppléant Carlos Da Silva qui fait ainsi son entrée au Palais-Bourbon pour assurer le remplacement. « C’est un honneur et une grande fierté », nous confie l’intéressé. Dans la sixième circonscription, François Lamy rassemble 57,77% des voix et conserve ainsi son poste de ministre délégué chargé de la Ville. C’est le président du conseil général, Jérôme Guedj, qui lui succèdera sur les bancs de l’Assemblée. Dans la dixième, troisième circonscription détenue jusque-là par la gauche, Malek Boutih est élu avec 56,84% des voix et succède ainsi à Julien Dray (lire notre article).

Avec seulement trois sièges sur dix, la droite perd pied en Essonne. Dans la deuxième circonscription, l’indétrônable Franck Marlin est réélu face à Béatrice Périé (PS) qui réalise un score honorable de 41,02%. « Je savais que ça allait être très difficile », livre la candidate socialiste, « face à un député très bien implanté ». Député depuis 1995, Franck Marlin rempile pour un nouveau mandat. « Une très grande fierté » pour l’intéressé qui se félicite de son score dans sa ville d’Etampes (59,60%), « alors que François Hollande y était majoritaire à l’issue du second tour des présidentielles ». Même scénario dans la huitième circonscription où Nicolas Dupont-Aignan est réélu avec 61,39% des voix (lire notre article). En revanche, dans la quatrième circonscription, le suspens aura duré jusqu’au bout. Avec 51,45% des voix, Nathalie Kosciusko-Morizet conserve son siège de justesse (lire notre article).

Georges Tron perd son siège

Quatre. C’est le nombre de sièges de député que la gauche ravit à la droite dans le département. Un score historique puisqu’en 1997, lorsqu’une vague rose avait donné une majorité parlementaire au gouvernement de Lionel Jospin, la droite avait résisté en Essonne avec sept sièges sur dix. Cette année, le PS et ses alliés font tomber les bastions de l’UMP locale, à l’image de la troisième circonscription qui bascule, avec la victoire de Michel Pouzol sur la députée sortante Geneviève Colot (lire notre article). Sur la cinquième circonscription, la maire des Ulis Maud Olivier s’impose face à l’UMP Hervé Hocquard avec 54,81% des voix, dont 71,06% dans sa commune. Le député sortant Pierre Lasbordes ne se représentant pas, c’est un territoire qui passe à gauche dans la nouvelle mandature.

Dans la septième circonscription, très urbaine avec notamment les communes d’Athis-Mons, Savigny-sur-Orge et Viry-Châtillon, l’écologiste Eva Sas gagne face à la députée sortante Françoise Briand. Cette dernière, qui avait récupéré le mandat de Jean Marsaudon, décédé en 2008, ne réussit pas à conserver ce siège dans le giron de la droite (lire notre article). Enfin, le symbole de cette défaite de l’UMP réside en la perte du siège de député de la neuvième circonscription de l’Essonne, détenu depuis 1993 par Georges Tron. Silencieux ce dimanche soir, le maire de Draveil laisse son fauteuil à son rival de Ris-Orangis Thierry Mandon. Le candidat PS gagne avec 56,75% des voix, et retrouve l’Assemblée nationale vingt ans après l’avoir quittée. C’est « une grande peine » pour le secrétaire départemental de l’UMP Jacques Lebigre, qui se plaint : « Georges Tron ne méritait pas cette campagne d’acharnement » .

Sur le département, c’est donc une victoire sans précédent du PS et de ses alliés. Ils remportent sept des dix sièges de l’Essonne. « Depuis 1993, on augmente nos scores départementaux à chaque élection, c’est la preuve de la qualité de nos élus essonniens », souligne Michel Pouzol. De son côté, Jacques Lebigre se veut philosophe : « La dure loi de la démocratie, c’est l’alternance » .