Social. Depuis un an, salariés et syndicats de la Caisse primaire d’assurance maladie se mobilisent contre la fermeture des centres et des bureaux d’accueil en Essonne, prévue dans le projet de restructuration CAP 2013. Ce projet prévoit notamment la fermeture, d’ici à deux ans, de six centres d’accueil sur les neuf restant dans le département.

  • Photo : les agents de la CPAM, mardi devant les grilles de la Préfecture de l’Essonne. (DR)

Il y a deux mois, les syndicats nous confiaient attendre l’issue de la présidentielle pour décider de la suite du mouvement. Ce mardi 12 juin, près de 30% des agents de la CPAM91 étaient de nouveau en grève. Le matin, salariés et syndicats ont manifesté devant la préfecture d’Evry pour demander à être reçus par le préfet, avant d’être finalement reçus par un de ses représentants. « Nous lui avons exposé les dangers sous-jacents à cette restructuration » qui « tend à privilégier les télé-services sur le contact avec les assurés sociaux », explique Nicolas Montanary, secrétaire adjoint de la section syndicale FO à la CPAM. Un projet qui, selon lui, serait dangereux pour les assurés les plus précaires : « Le risque, c’est qu’ils renoncent finalement à bénéficier de leurs prestations sociales et qu’ils renoncent, à terme, de se soigner ». Pour appuyer ses propos, la délégation reçue en préfecture a remis, à l’intention du préfet, une pétition contre la fermeture des centres d’accueil, ayant récolté près de deux mille signatures, et de nombreux soutiens d’élus. Ces derniers mois, plusieurs motions de soutien ont été votées lors de conseils municipaux, notamment aux Ulis, à Morsang, à Epinay mais aussi au conseil général, à l’unanimité. Récemment, c’est même la présidence de la République qui a été saisie de l’affaire, s’engageant à étudier le dossier très prochainement. « Avant l’élection, on a envoyé un courrier à Xavier Bertrand (Ndlr. ex-ministre du Travail, de l’Emploi et de la Santé), on n’a jamais eu de réponse. Le dialogue politique a un peu évolué », constate M. Montanary, « mais on reste méfiant et mobilisé ».

 « On ira jusqu’au bout »

Après la préfecture, la manifestation s’est poursuivie sous les fenêtres du siège de la CPAM, toujours à Évry. Là encore, une délégation était reçue par la direction, sans grands résultats. « Ils restent fermés, se dédouanant en disant que ce n’est pas de leur ressort mais de celui du niveau national, de la CNAM » explique M. Montanary. Les grévistes ont également insisté sur les conséquences de cette restructuration en cours, « notamment sur les sous-effectifs constants et l’exigence de productivité renforcée due à ce manque de personnel ». Il y a dix ans, la CPAM comptait deux mille deux cents salariés. En appliquant le non-remplacement  d’un départ à la retraite sur trois, elle n’en compte aujourd’hui plus que mille trois cents, avec l’intention de finir à neuf cents. Interrogé par Essonne Info le 18 avril dernier, le directeur de la CPAM 91 justifiait cette baisse d’effectifs par une augmentation de la productivité. « Aujourd’hui, on fait énormément de gains de productivité, (…) nous ne pouvons pas maintenir des emplois alors même que notre charge de travail diminue. » Un constat qui va à l’encontre de celui des salariés grévistes. Pour les syndicats, la contestation est loin d’être terminée. « On ira jusqu’au bout, si il faut remonter jusqu’à la CNAM on ira », lâche Nicolas Montanary.