Politique. Le second tour des élections législatives, prévu ce dimanche 17 juin, offre aux électeurs du département l’occasion de se prononcer entre la gauche et la droite. Alors que les candidats éliminés du premier tour donnent leurs consignes de vote, les partis essonniens se mettent en ordre de marche sur chaque circonscription.

  • Photo : la carte du rapport de force gauche-droite dans le département – lire notre article (© DM/EI)

Dans les prochains jours, les électeurs de l’Essonne recevront un nouveau pli postal les informant des postulants du second tour pour leur circonscription de vote. Dans celui-ci, seules deux possibilités s’offrent à eux, et ce dans chacune des dix circonscriptions du département. Les professions de foi des qualifiés de ce scrutin sont modifiées dans l’entre-deux-tours. Les prétendants disposent de soutiens parmi les candidats éliminés au premier tour, notamment en vertu des accords électoraux départementaux (voir tous les résultats du premier tour).

Chacun son camp

C’est ainsi qu’à gauche, les dix candidats obtiennent le soutien des différents partis essonniens, avec toutefois quelques nuances dans la formulation chez certains. Les écologistes appuient partout les candidats PS, suite à l’accord électoral entre les deux formations qui a conduit à une candidature EELV sur la septième circonscription avec Eva Sas. « Un département va basculer à gauche avec notre soutien », se réjouissait dimanche soir Hervé Perrard, secrétaire adjoint des écologistes dans le département. Dans la troisième circonscription, Steevy Gustave appelle par exemple ses électeurs « à donner une majorité au président de la République » avec le candidat Michel Pouzol. Au Front de gauche, on souhaite également la victoire des candidats du PS. Selon le secrétaire de la fédération du PCF de l’Essonne Philippe Camo, les choses sont claires : « On doit battre la droite partout en Essonne et envoyer des députés de gauche à l’Assemblée nationale ». Sur la cinquième circonscription, l’ancien maire des Ulis Paul Loridant qui a réalisé plus de 18% dans la ville n’appelle pas explicitement à voter pour Maud Olivier. Il appelle dans un communiqué ses électeurs à « voter le 17 juin en leur âme et conscience et à soutenir la majorité présidentielle autour de François Hollande » .

A droite sans surprise, les différents courants de l’ancienne majorité se rangent derrière les candidatures de leur camp dans le département. Dans un communiqué, la fédération du parti radical de l’Essonne apporte « bien évidemment » son soutien aux postulants de droite et centre-droit, afin précise-t-elle, de « faire barrage à l’Etat socialiste dont on commence à deviner les contours ». De son côté, le nouveau centre, par la voix de son responsable local Nicolas Roughol, appelle à « se mobiliser sans réserve pour le second tour en faveur des candidats de la droite modérée », soulignant que « la clé du scrutin » réside dans la participation au vote dimanche prochain. Concernant le MoDem, il n’y a pas de consigne de vote de la part de la fédération départementale du parti de François Bayrou. Pour Essonne Info, Serge Gaubier, président de la fédération et candidat sur la dixième circonscription, explique la démarche du parti centriste : « On n’oblige personne à annoncer un soutien, chaque candidat de l’Essonne se détermine, à titre personnel je ne soutiens personne ». Dans la cinquième circonscription par exemple, Jean-Paul Mordefroid, n’appelle à voter pour personne « par respect pour les électeurs », tandis que Nicolas Méary annonce qu’il se prononce pour Geneviève Colot dans la troisième circonscription, et Alain Villemeur, dans la septième circonscription, appelle à voter pour la candidate de gauche Eva Sas.

Des soutiens gênants

Le Front national s’est prononcé au niveau national sur le scrutin. Il a établi une « liste noire » de personnalités à faire battre. Comme à une autre époque, ces candidats dans le viseur de Marine Le Pen doivent perdre selon le parti frontiste. L’ancienne candidate à la présidentielle appelle ainsi à « appliquer à Madame Kosciusko-Morizet la réciprocité » citant le livre paru en 2011 et signé de la candidate UMP sur la quatrième circonscription. Même consigne concernant la neuvième circonscription, dans laquelle le député sortant Georges Tron est visé par cette « liste noire ». Un appel visiblement mal accepté par le candidat socialiste Thierry Mandon, qui indique dans un communiqué qu’il « rejette tout soutien direct ou indirect des dirigeants du Front national », et ajoute qu’il se « refuse à être l’otage de l’affrontement semblant exister » .

Le FN justement, ne donne pas de consignes de vote sur le département : « On laisse le libre-arbitre aux électeurs », précise Audrey Guibert, représentante du parti en Essonne. Sur la septième circonscription, où elle était candidate, elle indique qu’elle votera blanc « à titre personnel » . Dans un scrutin où la gauche part favorite, avec une majorité de circonscriptions en ballottage favorable, les sortants de droite comptent sur la fin de campagne pour combler leur retard, et garder les sièges de députés dans leurs bastions. Les vingt candidats connaîtront leur sort dimanche soir à l’issue du vote.