Politique. Les députés sortants ont en moyenne 60 ans. Minoritaires, les jeunes candidats doivent aujourd’hui se battre pour se faire une place dans le monde fermé de la politique où l’on fait primer l’expérience comme première vertu. En Essonne ils sont quelques-uns à se lancer dans ce périple électoral.

  • Photo (de gauche à droite) : Florie Le Vaguerese-Marie (EELV), Ulysse Rabaté (Front de gauche), Christela de Oliveira (UMP), Choukri el Barnoussi (Emergence), Sophie le Goff (DLR) et Nicolas Méary (MoDem). (DR)

« Découvrir comment se déroule une campagne »

« Il y a une barrière à franchir avec les gens sur le terrain », confie Florie Le Vaguerese-Marie, candidate EELV dans la 8e circonscription. A 24 ans elle doit avant tout prouver son sérieux aux personnes qu’elle rencontre et faire face à « l’image du jeune ». Pas évident non plus de se faire une place dans la circonscription du député sortant et maire de Yerres Nicolas Dupont-Aignan qui brigue un quatrième mandat mais il s’agit ici pour elle de « découvrir comment se déroule une campagne ». Bien qu’elle reçoit un accueil mitigé de la part de la gauche la candidate écologiste a su instaurer un climat de respect avec ses concurrents en les saluant et en dialoguant avec eux à chaque occasion.

« Saisir une chance historique »

Pour Ulysse Rabaté, le candidat du Front de gauche dans la première circonscription, cette élection est l’occasion de « saisir une chance historique en ouvrant de nouvelles portes ». Pour lui le mouvement du Front de gauche représente quelque chose de nouveau en politique et il est donc légitime que des jeunes soient mis au-devant de la scène. Ulysse Rabaté, 25 ans, revendique la campagne de « très loin la plus jeune » dans la circonscription, il estime en effet que les conceptions différentes qu’il défend se rapprochent « au plus près des jeunes, génération de la défiance vis-à-vis de la politique ». Pour lui, si le PS présente peu de candidats issus de la nouvelle génération cela est dû au fait que « ce parti a cessé d’ouvrir la discussion sur le changement de société. »

« Député de terrain et utile »

Dans la même circonscription c’est une candidate qui se veut « jeune et expérimentée » qui représentera les couleurs de l’UMP. Trente-trois ans et adjointe de Jean-Pierre Bechter à la mairie de Corbeil-Essonnes Cristela de Oliveira n’en est pas à son premier coup d’essai, elle s’était déjà présentée en 2007 et inclinée au second tour face à Manuel Valls. Aujourd’hui le fait d’affronter une nouvelle fois un adversaire qui est désormais ministre ne l’impressionne pas du tout : « Le bilan de M. Valls au niveau local est nul contrairement au mien, nous avons été fortement impliqués sur le terrain durant ces cinq ans ». Adoptant une posture contre le carriérisme et vantant son ancrage local Cristela de Oliveira voudrait être une « députée de terrain et utile ».

« Jeunes des quartiers populaires »

La candidature de Choukri el Barnoussi, 31 ans, dans la cinquième circonscription est quant à elle le fruit d’une « crise de conscience au niveau local ». Il a été investi par Emergence, un parti qui a été créé lors des élections municipales de 2008 et qui présente aujourd’hui neuf candidats en Ile-de-France dont trois en Essonne. « Ce mouvement est la conséquence de la réunion d’habitants, d’associatifs et de militants, il s’agit d’une fusion spontanée de listes indépendantes qui partagent des valeurs communes ». Un des objectifs pour lui est de toucher ceux qui sont désabusés par la politique à l’instar des « jeunes des quartiers populaires » en utilisant « des codes de communication qui correspondent à notre temps ».

« Le combat vient d’en bas »

Pour Sophie le Goff, aujourd’hui en politique « on cherche avant tout à se faire une place plutôt qu’à avancer, il est difficile de faire passer de vraies idées ». Cette directrice d’agence de 28 ans a été investie par Debout la République dans la troisième circonscription, elle souhaite remettre au goût du jour  « la morale et la droiture » dans une sphère politique qu’elle considère « ingrate et dangereuse ». La candidate souverainiste précise que pour son premier engagement électoral elle se lance dans « un combat, non en politique ». Son objectif est de se rapprocher davantage des attentes de sa génération que ses concurrents, pour elle « le combat vient d’en bas »  avec des gens qui « se battent pour des vrais causes » à l’instar des associatifs.

« Un côté rafraîchissant »

Dans la troisième circonscription également, Nicolas Méary veut démontrer que la compétence n’est pas un atout réservé aux aînés. Ce chef d’entreprise de 35 ans est candidat du MoDem, il estime être en mesure d’être « un peu plus en phase avec une partie de la société », pour lui « en politique l’important c’est d’être tenace et déterminé ». Pour sa première campagne électorale dans le fief de Geneviève Colot il mise sur la carte du renouvellement, « en dix ans de mandat elle n’a pas eu d’actions fortes ». Il met en valeur son expérience professionnelle et sa détermination pour tenter d’introduire une rupture avec les politiques installés « qui provoquent de la méfiance » et tente de séduire grâce au « côté rafraîchissant » de sa candidature.