Zoom sur les législatives (4e circonscription). L’ancienne porte-parole de Nicolas Sarkozy durant la présidentielle, va tenter de garder son siège de député. Un scrutin qui s’annonce périlleux pour NKM, prise en tenaille entre son adversaire socialiste et un FN qui souhaite sa chute.

  • Carte : la quatrième circonscription comprend les communes de Bruyères-le-Châtel, Ollainville et les cantons de Limours, Longjumeau, Montlhéry et Villebon-sur-Yvette. (© DM/EI)

C’est l’élection de tous les dangers pour Nathalie Kosciusko-Morizet. Députée de la quatrième circonscription de l’Essonne depuis 2002, elle y joue son avenir politique. Ministre puis porte-parole de la campagne du candidat UMP à la présidentielle, elle est l’un des emblèmes des années Sarkozy, dont la gauche, mais aussi la droite souverainiste, aimeraient bien tourner définitivement la page.

La femme à abattre

« Je suis venue dans ce département parce que je pense que l’Essonne est très symbolique de la déliquescence de l’UMP », déclarait dimanche la présidente de Front national sur le marché de Limours. Cible des critiques, le député-maire de Draveil Georges Tron, en prise dans une affaire de mœurs, mais surtout Nathalie Kosciusko-Morizet, qui en 2011 écrivait dans un essai [NDLR : Le Front Antinational – Édition du Moment], que « le FN est une menace. Pour notre pays, pour nous, pour nos enfants. Le parti frontiste a toujours défendu des thèses xénophobes et populistes. »

NKM « préfère appeler à voter pour la gauche, que pour les plus souverainistes », constate Brigitte Dupin. Pour la candidate du Siel – le mouvement fondé par l’ancien eurodéputé Paul-Marie Coûteaux, soutenu par le FN dans le cadre du Rassemblement Bleu Marine – « selon les résultats de Marine Le Pen sur la circonscription, au premier tour de l’élection présidentielle, l’on serait à 12,5% » des inscrits. Le seuil à atteindre pour se maintenir au second tour, en cas de triangulaire.

« Le FN pense pouvoir faire une triangulaire, mais ce n’est pas possible », estime la candidate du Front de gauche. Mais Dominique Bardy, qui entend « terminer le boulot » commencé par Jean-Luc Mélenchon, n’en est pas moins tendre avec la candidate UMP. Pour elle, le discours « anti-Front national » de Nathalie Kosciusko-Morizet n’est qu’une façade. « Elle n’a jamais contredit Sarko, quand il extrémisait son discours. Elle l’a accepté ». Le Front de gauche, crédité de 7% sur la circonscription, dans un sondage de l’institut Ifop pour le Journal du Dimanche du 27 mai, estime avoir «  les moyens d’être devant le FN et d’aider à faire basculer la circonscription à gauche ».

Un duel avec Olivier Thomas

Un soutien implicite au candidat socialiste pour le second tour, qui dans cette même étude se retrouve à égalité parfaite avec NKM. 50% des intentions de vote. Candidat aux élections législatives de 2007, quelques semaines après l’élection de Nicolas Sarkozy à la présidence de la République, Olivier Thomas constatait vendredi au micro de BFMTV, que « les gens ne venaient pas spécialement vers moi ». Mais aujourd’hui, les choses semblent changer, analyse le candidat PS qui, interrogé par la rédaction d’Essonne Info, parle d’ « un véritable rejet de Nicolas Sarkozy et Nathalie Kosciusko-Morizet ». Maire de Marcoussis et conseiller régional, Olivier Thomas entend arracher à l’ancienne ministre cette circonscription.

« Mon conccurent PS, on ne le voit jamais sur le marché de Longjumeau, en dehors des périodes électorales », tacle la députée sortante, dans une interview accordé à la rédaction d’Essonne Info. Une critique qui n’est pas du goût du candidat PS : « Moi je connais Longjumeau mieux qu’elle. Elle ferait mieux d’aller dans les quartiers sud de sa ville, car ici les gens me disent que la maire on ne la voit jamais », rétorque Olivier Thomas.

Cependant, Nathalie Kosciusko-Morizet reste confiante quant au résultat qui sortira des urnes les 10 et 17 juin, dans une circonscription où Nicolas Sarkozy est arrivé devant François Hollande, avec 51 % des voix au second tour de l’élection présidentielle.

La gratuité de l’autoroute A10

Alors que la grande majorité des acteurs locaux s’accordent à penser, qu’il est nécessaire de rendre gratuite la traversée francilienne de l’autoroute A10, Nathalie Kosciusko-Morizet s’y refuse. Dans l’interview accordée à Essonne Info, l’ancienne ministre des Transports y explique ses raisons. Pour « rendre l’A10 gratuite il faut racheter la concession », ce qui équivaut selon NKM, à un coût de deux cent millions d’euros. Pour la candidate UMP, la seule solution serait que les conseils généraux de l’Essonne et des Yvelines financent une partie des abonnements des usagers. « Quand on dit qu’on va obtenir la gratuité pour les véhicules particuliers, c’est faux ».

« C’est une menteuse », réagit vivement le maire de Marcoussis. « Elle a rajouté trente ans à cette concession autoroutière, sans négocier un tronçon gratuit ». En conséquence, selon Olivier Thomas, quarante mille véhicules supplémentaires emprunteraient la nationale 20. Un chiffre qui rendrait nécessaire la mise en place d’un accord avec Vinci, concessionnaire de l’A10. Financée par l’impôt des Français, la concession a été attribuée au groupe jusqu’en 2031.

Pour la candidate du Front de gauche, la « nécessaire » gratuité du tronçon francilien de l’A10, ne doit pas masquer ce qui, pour elle, reste le problème de fond, la privatisation du réseau autoroutier : « Je suis pour la nationalisation des autoroutes, elles sont payées. Aujourd’hui c’est du bénéfice net pour les grands groupes ». Du côté d’Europe Ecologie-Les Verts, « les gens demandent plus de transports en commun ». Pour son candidat, Jacques Lucien Serna, même s’il comprend les problèmes rencontrés par les usagers de l’A10, il avoue avoir « la même réflexion » que Nathalie Kosciusko-Morizet sur ce sujet.