Politique. Investi par le PS sur la troisième circonscription de l’Essonne, Michel Pouzol doit faire face à une dissidence dissimulée. Le candidat écologiste Steevy Gustave, un ancien socialiste, met en avant ses relations privilégiées avec le nouveau président de la République.

  • Photo : Steevy Gustave, à gauche, lançait mercredi sa campagne et rencontrait l’association de défense de Saint-Escobille.(ADSE). (© DM/EI)

Au départ, il s’agissait « seulement » du lancement de la campagne législative de Steevy Gustave, le candidat d’Europe Écologie-Les Verts (EELV) sur la circonscription de Brétigny-Arpajon. Mercredi à Mérobert, un village de cinq cents habitants à quelques kilomètres de Dourdan, l’écologiste était remonté contre le candidat socialiste, qu’il accuse de coups bas. « Je ne pensais pas recevoir ce type de coups de la part de la gauche », déplore Steevy Gustave, face à ses concurrents PS.

A l’origine du conflit qui l’oppose à Michel Pouzol, une phrase malheureuse qu’aurait prononcée un des partisans de ce dernier il y a un an, à l’encontre du candidat EELV, sur son physique et sa capacité à arracher à la droite, une circonscription qui s’étend en partie sur le sud rural du département. « Je suis métis et je ne vais pas choisir entre mon père et ma mère », argumente Steevy Gustave.

« Si de tels propos ont été tenus, je les condamne fermement », déclare le candidat PS à la rédaction d’Essonne Info. « Je sais ce qu’est la discrimination sociale, moi qui étais un candidat RMiste », lors des élections de 2008, où Michel Pouzol a été élu conseiller général du canton de Brétigny-sur-Orge. Pour le candidat PS, l’écologiste a toute sa place et la légitimité pour se présenter sur la troisième circonscription et « défendre les idées de son parti ».

« Sa candidature n’est pas le fruit de tractations politiciennes »

Mais la bataille que livre Steevy Gustave ne se situe pas seulement sur le terrain des petites phrases. L’écologiste vient d’emmener dans son sillon deux élues PS, qui figurent en bonne place sur ses documents de campagne : Monique Goguelat, la maire de Saint-Germain-lès-Arpajon et ancienne vice-présidente du conseil général de l’Essonne, et Fabienne Gourserol-Rabe, la vice-présidente de la Communauté de communes de l’Arpajonnais.

« J’apprécie la sincérité de ses engagements », souligne Monique Goguelat, qui considère que la candidature de Steevy Gustave « n’est pas le fruit de tractations politiciennes ». Adhérente depuis 1981 au parti socialiste, Monique Goguelat n’entend pas rendre sa carte. « Nous verrons bien ce qui se passera. Mais je suis profondément socialiste et je le resterai », confie l’élue. « C’est leur choix », estime Michel Pouzol, tandis que le premier secrétaire départemental du PS, Carlos Da Silva, trouve cela « totalement incompréhensible ».

Deux candidats pour un seul président

Car c’est là que les choses se compliquent pour l’électeur lambda. S’il est normal pour le candidat PS de se réclamer du président de la République, issu des rangs de son parti,  il l’est un peu moins pour le représentant d’EELV : « J’ai la chance d’avoir des contacts privilégiés avec François Hollande », met en avant Steevy Gustave, avant de déclarer qu’il se rendra ce jeudi à l’Élysée pour défendre les dossiers brûlants de la circonscription auprès d’un des conseillers du président, comme le projet de décharge en plein air à Saint-Escobille, ou encore la gratuité de l’A10.

« Je suis un « hollandais » des premières heures », renchérit le candidat écologiste. Avant de rejoindre l’aventure d’EELV, il y a presque un an, Steevy Gustave avait adhéré au parti socialiste pour « faire gagner Ségolène Royal », au congrès de Reims en 2008, qui a vu Martine Aubry remporter la tête du PS. Lors de la dernière élection présidentielle, l’écologiste était l’un des entremetteurs auprès des artistes, pour les faire venir au grand meeting de Bercy de l’entre-deux-tours.

De son côté, Michel Pouzol rappelle qu’il est « le seul représentant de la majorité présidentielle », en soulignant que François Hollande n’est plus un socialiste, mais le président de tous les Français. En ménageant son possible soutien du second tour, le candidat PS martelle qu’il n’a « qu’une seule concurrente », la député UMP sortante. « Mon objectif premier reste de battre Geneviève Colot, pour donner une majorité à François Hollande ».

  • Photo : mercredi soir à Ollainville, le nouveau ministre de l’intérieur venu soutenir Michel Pouzol et Olivier Thomas. (DR/PG)

A onze jours du premier tour des élections législatives, les candidats occupent le terrain en ramenant leurs soutiens. Michel Pouzol tenait mercredi soir une coréunion publique avec Olivier Thomas (candidat PS face à Nathalie Kosciusko-Morizet), en présence du nouveau ministre de l’Intérieur, Manuel Valls. Steevy Gustave recevra, lui, la visite et le soutien de Christiane Taubira, la nouvelle garde des Sceaux et ministre de la Justice, le 6 juin à Brétigny.