Zoom sur les législatives (8e circonscription). La huitième circonscription de l’Essonne est l’une des deux seules en France à avoir vu la victoire d’un candidat issu de Debout la République (DLR) aux législatives de 2007, avec la dix-huitième circonscription du Nord. Cinq ans après, la tâche s’annonce plus compliquée pour Nicolas Dupont-Aignan qui doit faire face à l’élan de la gauche et à un candidat UMP pour la première fois.

  • Carte : la huitième circonscription comprend les communes de Brunoy, Crosne, Montgeron, Vigneux-sur-Seine et Yerres . (© DM/EI)

Il y a cinq ans, le président de Debout la République n’avait eu besoin que d’un tour pour l’emporter dans sa circonscription dont il est député depuis 1997. Jusqu’ici, celui qu’on surnomme NDA n’avait pas eu à affronter de candidat UMP. Mais c’était avant qu’il s’en prenne directement au bilan de Nicolas Sarkozy lors de sa dernière campagne présidentielle. Au dernier jour du dépôt des candidatures pour les législatives, l’UMP annonçait la candidature du maire de Brunoy, Laurent Béteille, face au candidat de DLR. « Ce n’est pas une punition, c’est une candidature pour siéger à l’Assemblée, pour que le député de cette circonscription appartienne à une opposition qui soit forte, cohérente et qui ne joue pas des petites partitions en solo », explique Laurent Béteille qui se place comme le seul des douze candidats à avoir soutenu la majorité sortante lors de la présidentielle.

NDA, « le seul qui peut gagner face à la gauche » ?

Cette candidature ne semble pas déstabiliser NDA qui vise un quatrième mandat. Dans une interview accordée à Essonne Info, le président de DLR lance un appel aux électeurs de droite : « Attention, le seul qui peut gagner face à la gauche sur cette circonscription, c’est moi ». Un appel auquel répond son concurrent Laurent Béteille : « Il essaye aujourd’hui de se poser en rassembleur de la droite alors qu’il s’est placé en diviseur pendant la présidentielle. Il ne fallait pas commencer par tirer contre son camp ». Malgré leurs désaccords, les deux candidats se sont jurés fidélité : « Si je ne suis pas au second tour, j’appellerai à faire barrage à la candidate socialiste », confirme Laurent Béteille, « Nicolas Dupont-Aignan m’a promis de faire de même en tête à tête, mais j’aimerais qu’il le confirme publiquement. »

 « L’élan historique de la gauche »

Pour Nicolas Dupont-Aignan, le véritable obstacle reste Aude Bristot, élue de Montgeron et adjointe au maire depuis 2008. « Au deuxième tour, les électeurs arbitreront probablement entre moi et la socialiste », nous confiait NDA. Un pronostic qui réjouit Aude Bristot, poussée par l’élan de la gauche dans cette circonscription où François Hollande est arrivé en tête sur l’ensemble des cinq villes. « Avec l’élan historique de la gauche et le règlement de comptes entre familles à droite, ça modifie effectivement la donne », analyse la candidate socialiste avant d’ajouter : « On sent que c’est tendu, il y a certains candidats qui doivent être moins sereins que moi. » Mais l’adjointe au maire de Montgeron, qui promet de démissionner de son mandat muncipal en cas de victoire, ne se prive pas d’attaquer son concurrent : « Si je suis élue, je m’engage à être très assidue à l’Assemblée nationale, ce qui n’est pas le cas du député sortant. Je m’engage également à défendre équitablement l’ensemble des cinq villes de ma circonscription et pas une seule ville en particulier », lance Aude Bristot, faisant allusion à la commune de Yerres dont Nicolas Dupont-Aignan est maire depuis 1995.

Des engagements similaires ?

Au niveau des programmes, les engagements des candidats se rejoignent, la remise à niveau du RER D arrivant en tête des chantiers. « Nous avons un peu les mêmes combats, que ce soit Nicolas Dupont-Aignan, Aude Bristot ou moi-même, nous connaissons les difficultés de notre circonscription », explique Laurent Béteille. Sa concurrente socialiste n’est pas du même avis : « Il y a des écarts parmi nos engagements comme sur la question du logement social, certains candidats ont tendance à oublier que 60% de la population française est éligible dans un logement social. » Pendant que ces trois candidats se disputent déjà pour le second tour, neuf autres tentent de sortir leur épingle du jeu. Véronique Latapie (Front de gauche), Eric Valat (MoDem) et Marie-Thérèse Donzeau (FN) tenteront de faire aussi bien que leur candidat à la présidentielle. A noter la candidature de Farid Ghehioueche sous l’étiquette Cannabis, Santé, Libertés, Justice.