Médias (La chronique de Lucas Meslin). Chaque semaine, Essonne Info s’associe à Latitude91 sur EvryOne 95.4 pour vous présenter le thème de la semaine de l’émission. « Dans ta rue » cette semaine et la semaine prochaine, ce sont deux émissions spéciales sur les législatives.

  • Photo : les studios d’EvryOne. (© DM/EI)

Latitude91 reçoit tour à tour trois candidats de la première circonscription par émission. Pour cette grande spéciale nous avons dans un premier temps discuté avec Jacques Gering candidat du parti radical et soutenu par le MoDem. Celui-ci précèdera Carlos Da Silva candidat suppléant de Manuel Valls pour le parti socialiste. Et nous conclurons avec Ulysse Rabaté candidat du Front de gauche.

Retrouvez l’ensemble de ces entretiens en écoutant l’émission de la semaine :

« Le Centre pour la France »

  • Photo : Jacques Gering au micro d’EvryOne. (© DM/EI)

Après s’être présenté aux élections municipale de la ville d’Evry en 1983 et aux législatives de 1993 où il perdra au second tour avec un score honorable de 44%, Jacques Gering récidive pour cette élection  en se présentant sous l’étiquette du parti radical tout en étant soutenu par le MoDem : « Je suis un candidat de la société civile », c’est par ce qualificatif que Jacques Gering se définit. Pour  l’homme qui se veut proche du peuple et conscient de ses principales préoccupations, il était important de donner la priorité à son métier de formation : « C’est mon choix de vouloir avant tout exercer ma profession d’architecte ».  Pour la politique qu’il désire mener en cas de victoire, Jacques Gering se rattache à ce qu’il connaît. Il prévoit de repenser complètement l’urbanisme qui nous entoure.  Pour illustrer son propos, il n’hésite pas à prendre l’exemple des nouvelles constructions aux alentours de l’université d’Evry et par la même occasion critiquer son principal concurrent, Manuel Valls : « C’est du mauvais urbanisme car il n’en respecte pas les principes, soit on monte, soit on s’étale, il faut autant détruire que construire, c’est une question d’équilibre ». Notre invité s’engage,  s’il est élu député à l’Assemblée nationale, à prendre à bras-le-corps les problèmes liés au logement en promettant comme il est indiqué dans son programme « un logement pour tous ». Sur un sujet totalement différent, il nous offre sa vision sur le projet du Grand Paris : « Cette première circonscription a été complétement oubliée au moment où a été pensé le Grand Paris ».  Lucide sur ses chances de passer au second tour, il nous confie avoir la « quasi-certitude, vu le contexte politique de cette circonscription » de ne pas pouvoir figurer au second tour, tout en proposant avec détermination une politique collégiale au-dessus des clivages habituels droite-gauche.

« Donner une majorité à François Hollande »

  • Photo : Carlos Da Silva au micro d’EvryOne. (© DM/EI)

Vice-président du conseil général de l’Essonne, conseiller municipal à Corbeil-Essonnes et premier secrétaire fédéral de l’Essonne du parti socialiste, notre second invité a une petite particularité qui le différencie de ses homologues candidats, celle d’être un suppléant : « Bien évidemment si Manuel Valls est réélu député, je devrai assurer l’intérim pour qu’il respecte la loi sur le non-cumul des mandats et je siègerai à l’Assemblée nationale ». Ceci ayant le mérite d’être clair, nous posons une question à Carlos Da Silva sur son obligation déontologique qui l’oblige à ne pas cumuler plus de deux mandats afin de lever toutes ambiguïtés subsistantes : « En cas de victoire de Manuel Valls c’est moi qui siègerai et à ce titre je serai soumis aux même obligations concernant le non-cumul des mandats, je devrai me séparer d’un de mes deux postes de vice-président du conseil général et conseiller municipal à Corbeil-Essonnes ».  Pour Carlos Da Silva, il n’est pas question de divergences sur sa ligne politique et celle du candidat Manuel Valls : « Notre objectif est simple, apporter une majorité à François Hollande pour que l’actuel gouvernement, au sein duquel Manuel Valls joue un rôle prépondérant, puisse avoir le soutien de sa législation afin que les soixante mesures qui figurent dans le programme de François Hollande puissent toutes être appliquées ».  Parmi ces soixante mesures, la retraite à soixante ans, les cent cinquante mille contrats de génération ou encore les soixante mille postes supplémentaires dans l’Education nationale que notre invité nous énumère comme pour rappeler que seule la majorité parlementaire pourra donner tout son sens à l’élection de François Hollande. Si le fait que Manuel Valls se présente en sachant qu’il ne pourra siéger à l’Assemblée pose problème à certaines personnes, son suppléant est, lui, complétement décomplexé sur ce sujet et en fait même un argument de taille : « S’il est réélu Manuel Valls apportera un poids politique beaucoup plus fort pour cette circonscription avec tous les enjeux quelle comporte ».

« Prenez le pouvoir »

  • Photo : Ulysse Rabaté au micro d’EvryOne. (© DM/EI)

A vingt-cinq ans, Ulysse Rabaté se présente à sa première élection pour défendre les valeurs du Front de gauche sur cette première circonscription.  D’emblée, il cherche à se démarquer du parti socialiste en faisant valoir ce qui différencie ces deux familles politiques : « Ce qui nous sépare du PS ce n’est  pas tant le discours mais surtout les actes ». Il poursuit en prenant comme exemple la situation du nouvel hôpital sud-francilien : « Le front de gauche est formel sur ce point-là, il faut en finir avec l’assimilation entre les services publics et les entreprises privées, il faut aussi renégocier le loyer avec Eiffage, tout ce que Manuel Valls n’a pas réussi à faire ». Pour Ulysse Rabaté il est indispensable de recruter massivement dans l’Education nationale et de repenser entièrement la question de la carte scolaire en prenant en compte la catégorisation ZEP/ZUP. Il revient sur ces cinq dernières années passées sous l’ère Sarkozy : « Nous sortons tout juste de cinq années de xénophobie intense où tous les étrangers étaient stigmatisés, mais la France a besoin de l’immigration dont elle dépend fortement aussi bien sur le plan culturel que sur le plan économique ». L’économie, voilà un sujet qui ne laisse pas le Front de gauche insensible, surtout lorsqu’il s’agit de l’hégémonie capitaliste : « Les hommes politiques s’adaptent trop à l’autorité du pouvoir financier et face au marché économique, la politique a la marge de manœuvre qu’elle veut bien se donner ». Pour Ulysse Rabaté le Front de gauche se veut fédérateur et conçoit sa politique dans une optique de concertation et d’échange avec la jeunesse : « Toutes les semaines on organise des comités de campagne et les gens ne sont pas obligés d’être adhérents au parti pour venir échanger leurs idées avec nous, nous sommes en train de créer un réseau de jeunes de tous horizons et extrêmement talentueux ».

La semaine prochaine nous recevrons trois autres candidats de la première circonscription de l’Essonne.