Zoom sur les législatives (5e circonscription). Le député sortant Pierre Lasbordes ne se représentant pas, les électeurs de la cinquième circonscription doivent choisir un nouveau représentant à l’Assemblée nationale. Le PS espère ravir ce siège à l’UMP, à la suite de ses bons scores obtenus à la présidentielle, alors que le débat local prend forme sur la question de l’avenir du plateau de Saclay.

  • Carte : la cinquième circonscription comprend les communes de Bièvres, Bures-sur-Yvette, Gif-sur-Yvette, Les Ulis, Orsay, Saclay, Saint-Aubin, Vauhallan, Verrières-le-Buisson et Villiers-le-Bâcle. (© DM/EI)

Pas moins de dix-sept candidats se présentent sur la cinquième circonscription de l’Essonne, qui s’étend sur le nord-ouest du département. Des enjeux urbains, avec la présence de la commune des Ulis, se mêlent aux projets de développement autour du cluster de Saclay, avec la venue sur le plateau du métro automatique. Un territoire également protégé, avec les terres fertiles du plateau et le cadre de vie de la vallée de Chevreuse ainsi que du Val de Bièvres.

L’UMP détient la circonscription depuis 1997, avec le député Pierre Lasbordes, qui cette année ne se représente pas. C’est le maire de Bièvres Hervé Hocquard qui va tenter de garder le siège de député dans le giron de la droite. En face, le PS lorgne sur ce siège, et a investi la maire des Ulis Maud Olivier pour ravir le poste. Et elle peut croire en ses chances. Défaite de moins de deux cents voix il y a cinq ans, elle se présente cette année avec des résultats présidentiels qui placent largement la gauche en tête au soir du 6 mai. François Hollande a obtenu 54,55% au second tour sur l’ensemble de la circonscription, contre 45,45% pour son concurrent Nicolas Sarkozy.

« Remettre à plat » le projet de métro

Maud Olivier qui se sait favorite, relativise cependant cette position. « Ce n’est pas la même élection » que la présidentielle, confie la maire des Ulis. Celle qui craint une poussée de l’abstention lors des législatives considère que « rien n’est gagné d’avance » dans une circonscription, « sociologiquement marquée à droite » . Elle met cependant en avant la « cohérence » de sa candidature avec la dynamique présidentielle autour de François Hollande, et espère entrer dans le Palais Bourbon en promettant d’être présente sur son territoire de vote. « Je reste très attachée à la démocratie participative » explique l’actuelle vice-présidente du Conseil général.

Le maire de Bièvres, qui se pose en « défenseur de l’environnement et de l’agriculture sur le plateau » compte sur sa connaissance des enjeux du cluster scientifique, et se place dans la lignée du projet défendu par l’ancien président Sarkozy : « Je crains des dérives sur le contenu du projet, que l’on substitue des établissements scientifiques par du logement », indique Hervé Hocquard. La candidate écologiste Marie-Pierre Digard porte quant à elle une vision singulière du développement du plateau. Déjà opposés à la venue d’un métro d’une lourde capacité (lire notre article), les Verts souhaitent à tout prix limiter l’urbanisation du plateau. « Avec le nouveau gouvernement, je pense qu’il est temps de remettre à plat le projet de transport », confie la candidate, qui met en avant des modes de transports plus légers, « ce qui limiterait les nuisances » pour les riverains.

L’ancien maire des Ulis et le MoDem local en embuscade

Protéger le cadre de vie du plateau semble être le leitmotiv des candidats, qui se positionnent également dans le cadre d’enjeux nationaux. Si la candidate PS compte bien entrer dans une majorité parlementaire pour le nouveau président, les autres prétendants battent campagne sur des dynamiques locales. Un second candidat de droite se montre beaucoup sur les communes de la vallée de Chevreuse. François Dhondt se présente sous les couleurs du parti chrétien démocrate de Christine Boutin, tandis que Choukri Elbarnoussi ratisse les quartiers des Ulis sous l’étiquette Émergence. Autres candidats ulissiens, le conseiller municipal LO Didier Paxion, ainsi que l’ancien maire (MRC) de la ville qui se lance dans la bataille, le sénateur honoraire Paul Loridant.

C’est d’abord le maire de Bures-sur-Yvette Jean-François Vigier qui était pressenti pour porter les couleurs du MoDem sur la circonscription. La tâche est finalement dévolue à un adjoint au maire de Verrière-le-Buisson, Jean-Paul Mordefroid, qui est le candidat du Centre pour la France. Dans ces communes, François Bayrou avait réalisé ses meilleurs scores en Essonne le 22 avril dernier avec 12,32% des voix en moyenne, contre 9,33% à l’échelle du département.

Pour comprendre les enjeux du plateau de Saclay, lire nos précédents dossiers :

Les candidats sur la cinquième circonscription

  • 1 – Grégory CHABOUSSANT (POI)
  • 2 – Paul LORIDANT, sénateur honoraire, conseiller municipal des Ulis (MRC)
  • 3 – Pierre GUILLERMAIN (FN)
  • 4 – Emmanuel HEROLD-CHARBONNEAUX (Union du Peuple Français)
  • 5 – Didier HONTA
  • 6 – Angélique GROSMAIRE (NPA)
  • 7 – Choukri ELBARNOUSSI (Émergence)
  • 8 – Maud OLIVIER, maire des Ulis (PS)
  • 9 – Christophe DURANT
  • 10 – Patrick MIGNON (Debout la République)
  • 11 – Hervé HOCQUARD, maire de Bièvres (UMP)
  • 12 – Françoise DHONDT (Parti Chrétien Démocrate)
  • 13 – Jean-Paul MORDEFROID, adjoint au maire de Verrière-le-Buisson (MoDem)
  • 14 – Serge SAMAIN (Alliance Écologiste Indépendante)
  • 15 – Marie-Pierre DIGARD (EELV)
  • 16 – Gilles LASCHON (Front de gauche)
  • 17 – Didier PAXION, conseiller municipal des Ulis (LO)