Zoom sur les législatives (7e circonscription). La bataille est lancée pour succéder à Françoise Briand, députée sortante de la septième circonscription de l’Essonne. Avec l’entrée en jeu du maire d’Athis-Mons dans la course, les cartes sont rebattues sur le territoire. Gauche et droite s’affrontent lors d’un premier tour qui fera office de primaire dans chaque camp, avec un FN en embuscade.

  • Carte : la septième circonscription comprend les communes d’Athis-Mons, Juvisy, Paray-Vieille-Poste, Savigny-sur-Orge et Viry-Châtillon. (© DM/EI)

Essonne Info vous propose le premier zoom de cette campagne des législatives en Essonne. A l’approche de ce scrutin qui enverra dix députés essonniens siéger à l’Assemblée nationale, nous reviendrons dans nos prochaines éditions sur les enjeux de ce vote au sein de chacune des dix circonscriptions.

L’accord entre le PS et Europe Écologie-Les Verts est largement fragilisé sur la septième circonscription du département. L’entrée en piste de François Garcia, poids lourd local, redistribue les cartes en vue du premier tour de ces législatives (lire notre article). L’actuel maire d’Athis-Mons et président de la l’agglomération des Portes de l’Essonne, avec Juvisy et Paray est décidé à se lancer dans la bataille, quitte à se faire exclure du PS, qui soutient l’écologiste Eva Sas sur la circonscription. Il est épaulé dans cette tâche par le maire de Juvisy Etienne Chaufour, qui pour sa part ne risque pas d’exclusion du PS, comme il s’en explique à Essonne Info : « Je n’ai pas adhéré au PS en 2012, car l’accord PS-EELV ne me convenait pas. Je ne voulais pas faire le faux-jeton et ai donc décidé de ne pas reprendre ma cotisation, même si le PS reste mon parti de cœur » .

« On a fait 59% sur Athis-Mons »

Du côté de la fédération PS, on ne préférait pas commenter les faits lundi soir. Mais certains militants locaux laissaient transparaître de l’amertume à l’annonce de la nouvelle. A l’image de Jean-Marc Defrémont, conseiller municipal à Savigny-sur-Orge qui parle d’une « mauvaise surprise pour la gauche » . Le militant PS trouve cette décision « dommage » et espère que chacun « réfléchira un peu » avant la clôture du dépôt des candidatures en préfecture, ce vendredi. « On a fait 59% sur Athis-Mons », note pour sa part l’adjoint de François Garcia Jean-Jacques Delavaud, un chiffre qui donne forcément des ambitions à l’échelle locale.

La campagne à gauche est également à regarder du côté de Viry-Châtillon, dont l’ancien maire et président d’agglomération se verrait bien aller à l’Assemblée. Gabriel Amard ne compte pas laisser s’affronter les deux candidats de gauche en duel. Celui qui espère surfer sur la vague Mélenchon est entré très tôt en campagne. Il quadrille les communes de la circonscription depuis des mois, et ses équipes mènent des actions militantes régulières sur le terrain. Jean-Luc Mélenchon a réalisé 12,53% des voix lors du vote du 22 avril sur les cinq villes de circonscription. Gabriel Amard y portera les couleurs du Front de gauche.

Dissidence à droite

Le candidat du MoDem Alain Villemeur, a l’intention également de faire parler de lui. Il avait ouvert il y quelques mois une permanence dans la rue piétonne de Juvisy. Il a débuté sa campagne en fanfare samedi en organisant un rassemblement pour « préserver l’emploi » . Clin d’œil aux projets de délocalisation de l’aéroport d’Orly voisin, « qui ferait perdre cent dix mille emplois directs ou indirects », s’inquiète-t-il.

Il n’y a pas qu’à gauche qu’une candidature dissidente vient troubler le jeu, puisque la maire (Divers Droite / ex UMP) de Savigny-sur-Orge Laurence Spicher-Bernier s’est lancée dans la course face à la députée sortante Françoise Briand. Dans un communiqué, celle qui souhaite incarner « le renouveau à droite » appelle les électeurs de la septième circonscription à « se rassembler pour défendre la société qu’ils veulent vraiment » . Incisive, l’élue s’interroge sur son adversaire à droite Françoise Briand : « Comment se rassembler demain derrière un député qui n’a eu comme seule préoccupation de ne déposer qu’une seule et unique proposition de loi en quatre ans ? » sinon, continue-t-elle, pour « empêcher les triangulaires » .

Un FN en tête au premier tour?

Car de triangulaire, il pourrait en être question, si on en croit les scores obtenus par le Front national au premier tour de la présidentielle. Le parti de Marine Le Pen en Essonne qui présentait ses candidats labellisés Rassemblement Bleu Marine, lundi soir à Athis-Mons justement, ne s’est pas caché de nourrir de vraies ambitions dans le département. La septième circonscription est l’une des trois du département où la candidate a dépassé le seuil des 12,5% d’inscrits nécessaires pour franchir le premier tour des législatives (12,75% lors du premier tour de la présidentielle), avec 16,59% des voix exprimées. Cela pourrait ouvrir ouvrir le champ à la candidate Audrey Guibert, par ailleurs secrétaire départementale du parti frontiste, qui accéda au second tour des cantonales l’année dernière à Athis-Mons, tandis que son collègue Jean Merey faisait de même sur le canton de Juvisy. La dispersion des voix à gauche comme à droite offre en tout cas plus de chances à la candidate FN de virer en tête au premier tour.

Quant à la députée UMP sortante Françoise Briand, qui a pris la suite de Jean Marsaudon, l’ancien maire de Savigny-sur-Orge décédé en cours de mandat, elle arpente les marchés à la rencontre de ses électeurs. Après la défaite de ses couleurs lors de la présidentielle, celle-ci compte sur un sursaut de la droite pour conserver son siège dans la circonscription. Elle peut compter pour cela sur le soutien de la grande majorité des élus locaux de droite et du centre des cinq communes, et des soutiens de poids comme Serge Dassault ou Valérie Pécresse.

François Hollande (PS) est arrivé en tête dans la circonscription au premier tour avec 31%, son adversaire Nicolas Sarkozy avec 25%. Au second tour, la gauche obtient plus de 54% dans l’ensemble des communes.