Politique. Manuel Valls fait son entrée au gouvernement. Le député-maire d’Évry a été nommé mercredi, ministre de l’Intérieur du nouveau gouvernement de gauche.

  • Photo : Manuel Valls a été nommé mercredi, ministre de l’Intérieur du gouvernement de Jean-Marc Ayrault.  (© DM/EI)

« J’ai joué un rôle. Pour le reste, François Hollande connaît mes qualités et mes défauts. A lui de les utiliser », indiquait le député-maire d’Évry, samedi dans les colonnes du Monde. Mercredi, le président de la République et son Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, ont décidé de faire appel à lui, en le nommant au ministère de l’Intérieur. Une consécration pour Manuel Valls, onze ans après son arrivée en Essonne.

Portrait d’un élu essonnien devenu ministre

Après un premier échec lors des élections législatives de 1997 dans le Val-d’Oise et élu conseiller régional un an plus tard, Manuel Valls découvre l’Essonne et Évry à l’occasion des municipales de 2001. « Parachuté » par Matignon, où il occupe la fonction de chargé de communication pour le Premier ministre de l’époque, Lionel Jospin, il prend la tête de la capitale essonnienne avec 44% des suffrages sous la bienveillance de l’ancien maire Jacques Guyard. Un an plus tard, Manuel Valls rejoint les bancs de l’Assemblée nationale, lors de son élection au poste de député de la circonscription face à Serge Dassault.

Réélu député en 2007 et maire en 2008, il a un temps été approché par le président Nicolas Sarkozy pour entrer au gouvernement. Une offre d’ « ouverture », qu’il refuse pour devenir un des trublions du PS, auquel il a adhéré en 1980 pour soutenir Rocard face à Mitterrand. Partisan d’une ligne sociale et libérale, Manuel Valls aura été l’un des challengeurs des primaires citoyennes, avant de rejoindre l’équipe de campagne de François Hollande.

Le « premier flic » de France contesté à sa gauche

A quarante-neuf ans, le député-maire d’Évry entre sans surprise dans le nouveau gouvernement de la gauche, où il a en charge le portefeuille de l’Intérieur, qu’il convoitait depuis plusieurs années. Mais le nouveau « premier flic » de France fait l’objet de nombreuses critiques, particulièrement en Essonne, où ses opposants citent volontiers ses dérapages ou sa droitisation, comme son opposition aux trente-cinq heures, où son « dérapage » sur la brocante d’Évry en 2009 (voir la vidéo ci-dessous).

C’est le cas pour Jérôme Guedj, l’actuel président du conseil général de l’Essonne, lors d’une invitation de Manuel Valls à Eric Besson – à l’époque ministre de l’Identité nationale – pour venir à Évry, débattre de l’immigration en France, lors des « journées de l’éthique » en avril 2009. « Je suis encore abasourdi par l’attitude de Manuel Valls », déclarait Jérôme Guedj dans une note postée sur son blog quelques jours après (effacée depuis, mais en ligne sur le site d’une section locale du PS), dans laquelle il raconte avoir été copieusement insulté par le maire d’Évry d’alors.

Depuis, de l’eau a coulé sous les ponts. « Dans la vie politique, il y a toujours des débats, des échanges et des altercations », admet Jérôme Guedj à la rédaction, en mettant en avant les bonnes relations qu’il entretient aujourd’hui avec le nouveau ministre de l’Intérieur. « Il a soutenu ma candidature à la présidence du conseil général », rappelle le patron du département, qui n’est aujourd’hui pas avare de compliments : « Il a fait le job pour Hollande ».