Social. Depuis vendredi dernier, les chauffeurs de bus du dépôt Garrel & Navarre situé à Draveil sont entrés en grève pour protester contre la baisse du montant de leur prime de participation. De mille trois cents euros, celle-ci est passée à cent cinquante euros cette année. 

  • Photo : piquet de grève des conducteurs de Draveil. (© FB/EI)

Il avait entamé une grève de la faim dès le début du mouvement « pour marquer les esprits.  » Laurent Missioux, délégué CFDT, a depuis recommencé à manger. Mais le mouvement de grève suivi par quasiment trois quarts des conducteurs du site s’est durci puisque les grévistes ont décidé de bloquer complètement la sortie des bus. Les usagers des réseaux Kéolis qui desservent Draveil, Montgeron, Vigneux-sur-Seine et Juvisy connaissent de lourdes perturbations depuis la semaine dernière.

A l’origine de ce mouvement de contestation, une baisse drastique de la prime de participation pour les conducteurs de bus. Les chauffeurs qui bénéficiaient encore l’année dernière d’une participation de mille trois cents euros par personne, n’ont pas apprécié la surprise. « Cette année, nous n’avons eu droit qu’à cent cinquante euros, expliquent les délégués syndicaux. Non seulement on baisse le montant de 90% mais en plus on ne nous a pas prévenus.  » C’est ainsi que la grève avait démarré la semaine dernière. Avant que les conducteurs ne s’aperçoivent que leurs collègues encore au travail avaient été chargés de garer les bus en dehors du dépôt « pour faire bosser des intérimaires à notre place  », dénoncent les grévistes. Une accusation à laquelle la direction n’a pas pris la peine de répondre.

Si l’on en croit l’intersyndicale CGT-CFDT-FO qui encadre le mouvement, les négociations auraient repris en début de semaine : «  Les discussions avancent, affirme Mohamed Menad, délégué FO, nous avons baissé nos revendications et nous ne demandons plus que six cent cinquante euros. S’ils acceptent, nous débloquons le dépôt et reprenons le travail.  » Mercredi midi, la direction a proposé d’élever le montant de la prime de trois cents euros.

Pour justifier cette baisse de prime, les responsables de Garrel et Navarre ont avancé une chute des bénéfices de l’entreprise. Cette perte de profit aurait été répercutée sur la participation en vertu d’un contrat signé l’année dernière et stipulant que les conducteurs seraient payés en fonction de la validation des titres de transport par les voyageurs. Les grévistes n’en démordent pas : «  Ce n’est pas notre travail de vérifier les tickets. Nous ne pouvons tout simplement pas le faire, ce n’est pas possible.  »