Politique. La campagne approche maintenant de son dénouement. Après de longs mois chacun de son côté à batailler pour convaincre les électeurs, nous avons réuni les responsables des jeunes du PS et de l’UMP en Essonne, dans le cadre du débat télévisé entre François Hollande et Nicolas Sarkozy. Robin Reda, responsable départemental des Jeunes populaires et Yoann Simboiselle, animateur fédéral des Jeunes socialistes de l’Essonne, se sont prêtés au jeu de l’interview croisée au sortir de cette soirée.

  • Photo : Robin Reda et Yoann Simboiselle lors du débat télévisé de l’entre-deux-tours. (© AD/EI)

Yoann Simboiselle (Twitter : @ysimboiselle) a 22 ans. Il habite à Étampes. Il est actuellement étudiant en sociologie à Paris. Militant socialiste depuis 2008 il est l’animateur fédéral du MJS de l’Essonne depuis deux ans. Son homologue des Jeunes populaires, Robin Reda (Twitter : @robinreda) a 21 ans et vit à Juvisy. En troisième année de prépa lettres et sciences humaines, il prépare les concours de l’Ecole normale supérieure et de Sciences-Po. Il est le responsable des jeunes de l’Essonne de l’UMP depuis un an.

Essonne Info : Que retenez-vous de la campagne ?

Robin : Le monde qui s’est engagé dans la campagne, beaucoup de militants très motivés lors de nos meetings. Un président sortant fort, sûr de son bilan et de ce qu’il défend, mais surtout cet élan qu’il a su impulser depuis son entrée en campagne. Personne ne donnait cher de lui en janvier. A vrai dire, partout on entendait que cela ne servait à rien d’y croire. Et pourtant ! Il a su montrer ses qualités très rapidement, et sa capacité à gouverner la France. Il a réussi à revenir dans la campagne, et à défendre fièrement son bilan. Je retiens le meeting de lancement de campagne à Villepinte, un moment militant très fort, où Nicolas Sarkozy nous a réellement montré sa détermination.

Yoann : D’abord un intérêt faible de la population et notamment dans les quartiers populaires qui étaient peu mobilisés. Au final on a pu heureusement voir lors du premier tour que la participation, si elle était un peu moins élevée qu’en 2007, reste celle importante d’une élection présidentielle. Les quartiers populaires se sont mobilisés, et beaucoup pour François Hollande. La campagne qui a été menée par nous et d’autres candidats à gauche, a créé ces principaux points positifs. On a observé une ferveur des militants, notamment dans les meetings, où il y a beaucoup de sympathisants qui sont venus. Il y a eu la bataille des énormes meetings pendant toute la campagne. Des mobilisations à chaque fois exceptionnelles, ce qui me fait dire que beaucoup de gens croient encore en la politique et c’est une bonne chose, alors qu’il y a un certain climat qu’on essaye de nous imposer, pour laisser entendre que l’on ne s’intéresse plus à la politique. Je crois que c’est faux et que c’est un élément très important dans cette campagne.

« Cet appel au peuple de France a payé »

Essonne Info : Si il y avait une chose que vous vous rappelleriez de cette campagne, quelle serait-elle ?

Yoann : Moi c’est le meeting du Bourget. La campagne y a été impulsée, ce 22 janvier, même si elle avait commencé avant avec les primaires notamment. Mais c’est un moment important car c’est un moment fondateur dans la campagne avec le projet qui découle de ce discours. C’est un moment fondateur car c’est le premier gros meeting où il y a eu une énorme mobilisation de beaucoup de gens qui ne sont pas militants habituellement, qui sont venus par ce qu’ils s’intéressaient simplement à ce que François Hollande avait à dire. Je pense que c’est important, notamment pour la mobilisation, mais aussi parce que c’était le point de départ de quatre mois de folie. On a milité tout le temps !

Robin : Moi, ça a été le premier meeting de Nicolas Sarkozy, c’était à Marseille. J’y ai assisté depuis la permanence UMP de l’Essonne. Et le premier moment qui m’a marqué dans la campagne et qui m’a marqué après dans chaque meeting, c’est le « aidez moi, j’ai besoin de vous », par Nicolas Sarkozy qui a été beaucoup commenté. C’est un président qui a prouvé, avec une gestion de la crise qui a été exceptionnelle par rapport à d’autres pays européens. Il faut que son courage soit enfin reconnu, et ce slogan a rassemblé. Dans les meetings, de plus en plus bondés, cet appel au peuple de France a payé. Nicolas Sarkozy a su montrer qu’il a été un président pour tous les Français.

« Les gens posent des questions sur leurs problèmes quotidiens »

Essonne Info : Qu’est-ce qui vous a marqué personnellement dans cette campagne ? Quelque chose qui vous restera ?

Robin : J’ai appris qu’il y a des gens, quand on les rencontre sur le terrain, qui sont énervés et ont envie de vous envoyer balader. Finalement cet énervement montre que ces personnes sont encore en attente de toujours plus. Et ce que j’ai appris dans le mandat de Nicolas Sarkozy, avec les crises, c’est que plutôt que de demander à chaque fois toujours plus, il faudrait déjà se préoccuper de savoir ce qu’on peut garder. La question est de garder notre modèle social, de développement, de croissance. D’essayer de conserver les acquis sociaux plutôt que d’essayer toujours de conquérir. Bien sûr il faut avoir de grandes ambitions, mais on vit dans un monde qui bouge, où les modèles occidentaux sont menacés. Il faut voir ce qu’on peut faire pour sauvegarder nos allocations, nos salaires, nos pensions de retraite. Tous ce qui fonde le pacte républicain.

Yoann : Moi ce que je retiendrai, ce n’est pas quelque chose que j’ai véritablement appris, mais un fait de campagne. Je milite depuis quatre ans. Des campagnes de terrain, j’en ai fait quelques-unes, que ce soient les régionales ou les cantonales. Quand on a commencé à faire du porte-à-porte, à aller voir directement les gens chez eux, cela est vraiment enrichissant, notamment dans les quartiers populaires, principalement à la rencontre des abstentionnistes. On y apprend toujours. A chaque fois que l’on fait un porte-à-porte on apprend toujours quelque chose de nouveau sur la façon dont on peut aborder les gens, sur la façon dont on peut répondre aux problèmes des gens. Parce qu’il y a énormément de questions qui se posent et que parfois on ne peut pas répondre. Tout simplement les gens posent des questions sur leur problèmes quotidiens, qui des fois n’ont rien à voir avec la présidentielle. J’ai appris des choses sur la façon dont réagissent les gens par rapport à la politique.

Essonne Info : Comment faire pour mieux les intéresser ?

Yoann : Il y a pour moi une priorité à développer une conscience civique, notamment à l’école. Comment marchent les institutions, comment ça marche la politique… La conscience civique doit se développer à l’école, avec les cours d’éducation civique.

Robin : Il faudrait en effet des vrais cours d’éducation civique. L’éducation civique, ce n’est qu’une demi-heure toutes les semaines.

Propos recueillis par Julien Monier