Social. D’ici à deux ans, l’Essonne ne comptera plus que trois centres de paiement de la Caisse primaire d’assurance maladie (CPAM) au lieu des neuf ouverts actuellement. Un projet de restructuration lancé en juin 2011 par la direction départementale de la CPAM. Un an après, employés et syndicats continuent de protester contre ces fermetures.

En 1995, la CPAM comptait vingt-quatre sites en Essonne contre seulement neuf aujourd’hui. D’ici à 2014, « l’objectif c’est effectivement de passer à trois centres », affirme Christian Collard, directeur de la CPAM 91. En dix ans, cette entreprise de service public est passée progressivement de plus de deux mille salariés à moins de douze cents, en appliquant le remplacement d’un départ à la retraite sur trois. Pour la direction, cette baisse d’effectifs se justifie par une augmentation de la productivité.

« Aujourd’hui, on fait énormément de gains de productivité, 90% des feuilles de soins ne sont plus en papier mais en version électronique », explique Christian Collard, « de fait, cela nous oblige à nous regrouper car nous ne pouvons pas conserver autant de sites que lorsqu’on était deux fois plus nombreux et nous ne pouvons pas maintenir des emplois alors même que notre charge de travail diminue. »

Ainsi, et ce depuis une quinzaine d’années, la CPAM 91 regroupe progressivement ses équipes de production « sans pour autant qu’il y ait d’impact sur la relation avec le public », tient a préciser son directeur. Mais tout le monde ne voit pas cette réorganisation du même œil.

Pas d’impact sur les assurés ?

Le 23 juin 2011, jour où la direction présentait au personnel ce projet de restructuration, les organisations syndicales CGT et FO de la caisse avaient appelé les salariés à une journée de grève. Une pétition avait alors été lancée pour alerter le public sur « cette volonté de réorganiser la CPAM en coupant les assurés de leur Sécurité sociale » comme le dénonce encore aujourd’hui Nicolas Montanary, secrétaire adjoint de la section syndicale de la CPAM (FO). « Récemment, la mobilisation a pris un tournant particulier lorsqu’on nous a annoncé la fermeture de trois permanences d’accueil en mairie », raconte ce représentant de Force ouvrière, « alors que la direction s’était engagée à ne pas toucher les réseaux d’accueil. »

Au lieu de se déplacer, l’assuré peut désormais appeler

La direction soutient que ces fermetures de sites n’auront aucun impact sur la relation avec le public. « Nous avons déjà fermé une quinzaine de centres de paiement en Essonne. A chaque fois, nous maintenons l’accueil du public dans nos locaux, tant qu’ils ne sont pas vendus, ou dans des permanences d’accueil en mairies », explique Christian Collard. « Vous pouvez vérifier à Dourdan, Vigneux ou Longjumeau » où les centres de paiement ont été fermés, « il y a toujours un centre d’accueil pour traiter les demandes des assurés », affirme le directeur départemental de la CPAM. Pour la direction, cette réorganisation ne change donc rien pour le public, si ce n’est qu’au lieu de se déplacer, l’assuré peut désormais appeler le 3646 pour joindre le centre d’appel téléphonique d’Évry, « qui traite plus de trois mille appels par jour » selon Christian Collard.

« Le contact est nécessaire »

Pour les syndicats, le progrès ne peut pas se substituer au contact humain : « On essaye de nous faire croire, pour des raisons budgétaires, qu’on peut faire tout par Internet ou par téléphone mais il y a un certain nombre de cas où le contact est nécessaire », rétorque Nicolas Montanary en donnant comme exemple « l’aide médicale d’État, la CMU, les personnes non-francophones, celles qui n’ont pas Internet, etc. » Si rien ne semble pouvoir stopper cette restructuration, les syndicats restent mobilisés et tentent par tous les moyens d’alerter le public et les élus sur cette situation. La pétition lancée par les syndicats en juin 2011 a recueilli « près de mille sept cents signatures », se félicite Nicolas Montanary. « Forts de cette écoute auprès des assurés, nous avons sollicité l’intégralité des municipalités mais également des candidats à la présidentielle », explique-t-il avant d’ajouter : « La situation de la CPAM en Essonne est même remontée jusqu’au Sénat ». Les syndicats attendent la fin de l’élection présidentielle pour décider de la suite du mouvement. D’ici à 2014, les trois derniers centres de paiement de la Sécurité sociale en Essonne seront ceux d’Évry et de Massy, un troisième dans le sud du département restant à déterminer.