POLITIQUE > Après suspenses et moults tergiversations, un tractage intensif le week-end dernier, l’ouverture de la campagne électorale, Essonne Info revient sur l’émission en partenariat avec Radio Plus où nous rencontrions Jean-Pierre Bechter, le maire sortant UMP, Serge Dassault, sénateur UMP de l’Essonne et Samira Kefti, adjointe au maire lors de la précedente mandature.

Ce sont donc 3 candidats qui s’affronteront lors du premier tour le 5 décembre prochain. Jean-François Bayle, ancien adjoint de Serge Dassault, en indépendant, Bruno Piriou, vice-président du conseil général, pour une liste d’union de la gauche et Jean-Pierre Bechter, maire sortant UMP se lancent donc dans la dernière ligne droite de la campagne s’annonçant de plus en plus mouvementée. Exemple et ambiance avec notre émission en compagnie du candidat et maire sortant [écouter l’interview].

« Je me fous particulièrement de ce qu’elle peut raconter »

C’est dans ces termes que répond Jean-Pierre Bechter à Nathalie Boulay-Laurent à propos des différentes attaques de cette dernière, notamment sur la question des « dons d’argent » [lire notre article]. Pour Jean-Pierre Bechter, l’ex-candidate en 2009 « ne sait pas comment exister ». « Elle a fait 1,8% la dernière fois » a-t-il ajouté.

« Ainsi va la vie politique locale » commente le maire sortant à propos des va-et-vient entre sa liste et celle de Jean-François-Bayle [lire notre article]. Sur la possible fusion entre les deux listes au deuxième tour le 12 décembre prochain, la tête de liste est sans détour : « pour fusionner il faut déjà faire plus de 5% » et fait une comparaison avec le Modem l’an dernie,r qui ne les avait pas dépassés.

« Une liste apolitique avec à peine 5 membres de l’UMP », c’est comme ça que définit la liste qu’il conduit. « Nous, on est là pour les corbeil-essonnois » ajoute-t-il. Au passage, l’ancien bras droit de Serge Dassault en profite pour tacler la gauche. « À l’inverse, la liste menée par Bruno Piriou est faite pour les partis politiques » énumérant alors le nombre de postes par formation composant la liste. Pour Serge Dassault, 43ème de liste et ancien maire de la ville, « ce serait une catastrophe […] de laisser les communistes gagner cette ville ».

« On n‘augmente pas les impôts »

C’est l’engagement transversal à toutes les propositions du maire sortant. Jean-Pierre Bechter veut aussi désendetter la commune. Dans un premier bilan de sa politique et de celle de son prédécesseur, il met en évidence quelques équipements majeurs comme le nouvel hôpital sud francilien ou encore le sauvetage d’Altis. Il veut également continuer à « humaniser l’urbanisme » en détruisant les tours de Montconseil et des Tarterêts tout en poursuivant « le travail de Serge Dassault ».

Jean-Pierre Bechter et Serge Dassault s’approprient le sauvetage de « 1500 emplois ainsi que le développement de nouvelles activités » à Altis, cette usine « qui est devenue une société ». Altis fait en effet partie du tissu économique corbeil-essonnois et sa disparition aurait crée un manque pour la ville. L’usine est en effet la deuxième source de semi-conducteurs en France, servant à la fabrication des ordinateurs par exemple.

L’équipe sortante vante son bilan en matière éducative et c’est Samira Kefti qui défend alors sa politique avec la construction de deux écoles, Pasteur et Macé, l’ouverture de la cantine à tous et l’augmentation de la dotation scolaire de 32 à 39 euros par élève. L’ex-adjointe à la politique éducative « espère continuer cette politique ». Ce sont 20 chantiers autour des écoles pour un total de 1,5 millions d’euros qui ont été réalisés l’an passé. Côté projet, elle veut tabler sur l’ « école numérique » et sur le « conseiller éducatif local » qui ferait le lien entre tous les acteurs de la communauté éducative.

Du côté de la culture et de la vie associative, Jean-Pierre Bechter considère que toutes les activités fonctionnent « très bien », nous citant « la maison des jeunes et de la culture, le théâtre » ou la politique de la mairie sur les subventions accordées aux associations de la commune.

« Corbeil, c’est Corbeil, Évry, c’est Évry »

« Les corbeil-essonnois ne veulent pas de fusion avec Évry » selon Serge Dassault. Avec Évry, « on entretient une relation de bon voisinage mais sans plus » ajoute Jean-Pierre Becheter. Pour ce dernier, « Évry est une ville artificielle et récente, sans âme » alors que Corbeil-Essonnes est « moins urbaine, moins dense, plus vieille et pavillonnaire ».

C’est d’ailleurs ce dernier terme qui influe sur la politique en matière d’urbanisme et de politique de la ville. Jean-Pierre Bechter veut mettre en place « une protection vigoureuse du pavillonnaire » et qu’il n’y ait « plus aucune construction au dessus de deux étages ». C’est en tout cas ce que le Plan Local d’Urbanisme (PLU) devrait prendre comme forme s’il est réélu.

Jean-Pierre Bechter met aussi en avant son projet de « la papeterie », le futur éco-quartier, où des logements seront construits ainsi que des foyers de jeunes travailleurs.  Toute cette politique en matière d’urbanisme a la volonté «  de rendre cet ensemble homogène ». Cet ensemble, ce sont les multiples atouts de la ville, selon le maire sortant : « au cœur d’un grand bassin d’emploi, au confluent de la Seine et de l’Essonne et à proximité de la campagne ».

« Une ville où il fait bon vivre », « avec plus de sécurité avec la mise en place de vidéosurveillance » et « le développement de l’emploi », c’est ce que veulent les candidats de la liste menée par Jean-Pierre Bechter. Pour l’instant, il ne fait pas « bon vivre » dans ce climat d’élections à Corbeil-Essonnes. Deux voitures ont brulé la semaine dernière aux alentours de la fondation Serge Dassault, par ailleurs QG de campagne pour la liste UMP.