Société. Pour la vingt-cinquième foire au cresson de Méréville, la ville de l’extrême sud du département s’est ouverte aux curieux le temps du week-end pascal. L’occasion de partir à la découverte de cette plante symbole de ce territoire.

  • Photo : une exploitation de cresson à Méréville. (© JM/EI)

Le week-end de Pâques correspond à la traditionnelle foire au cresson à Méréville. Durant trois jours, la ville prend des allures de fête avec des attractions pour les plus jeunes, des stands associatifs, commerciaux, ainsi que plusieurs points de vente de cresson et de ses dérivés. Soupe au cresson, vin au cresson, huile au cresson… les applications de cette plante, qui se consomme principalement en salade, sont diverses. Habituellement reconnu pour ses vertus thérapeutiques – le cresson  posséde des propriétés anticancérigènes – il est ce samedi au centre de toutes les attentions.

Mais la foire au cresson, ce sont aussi des associations locales qui transforment la halle de Méréville et ses alentours en fête médiévale. Le public a ainsi pu se familiariser avec les outils, machines et habits de l’époque portés par les bénévoles. A côté, au sein de l’office du tourisme local, on découvre les anciens équipements des travailleurs en cressiculture, et un historique détaillé de la place de cette plante dans notre département.

Sur 90 cressiculteurs français, 25 en Essonne

Aujourd’hui, un tiers de la production française de cresson est réalisé en Essonne, qui compte vingt-cinq exploitations dans les vallées de l’Essonne, de l’École et de la Juine, et six dans « la capitale du cresson » . A la sortie de Méréville, à la limite du Loiret s’étendent les cressicultures. Alignés ou en terrasse, les bassins colorés de vert peuvent être travaillés six à huit fois dans l’année, au moment des récoltes. « Une fois par an, on sème de nouvelles graines » , explique le responsable de la cressonnière Villa Paul, Olivier Barberot. Avec ses onze salariés, la petite entreprise vend son cresson au Min de Rungis, à quelques hypermarchés, « et 25% de la production part à l’export », indique le gérant, qui arrive à effectuer quelques investissements comme la pose de serres neuves.

Mais à l’image des maraîchers de l’Essonne qui ont subi ces dernières années les conséquences de très basses températures, la cressiculture connaît des difficultés à envisager sereinement l’avenir. « Cela fait quatre ans qu’on a des hivers difficiles, avec de nombreuses plantes qui gèlent », grimace Olivier Barberot, qui regarde attentivement l’évolution des prix à la vente de ses plantes : « Depuis dix ans on vend notre cresson au même prix, mais chez les distributeurs cela augmente » .

Alors ces dernières années, les activités se sont diversifiées, l’exploitation a créé une parcelle bio, et la vente directe au client est privilégiée. La Maison du cresson, située au cœur du domaine, fait office de lieu d’achat de cresson, de vin de cresson, ainsi que de préparations de soupes, mais offre également aux visiteurs des explicatifs sur la région, les cressonnières et des idées de recettes lorsque l’on parle avec les cultivateurs.

Issu d’une famille de cressiculteurs depuis cinq générations, Olivier Barberot nous donne les différentes utilisations du cresson.