Transport. Ça fait maintenant quatre jours que le réseau de bus Tice est à l’arrêt, privant quelque quatre-vingt mille usagers de leur moyen de transport. Dans le quartier des Pyramides, à Évry, on tente de faire avec. Ou plutôt sans.  

  • Photo : la station « Jules Vallès » de la Tice, dans le quartier des Pyramides à Évry. (© DM/EI)

Depuis mardi matin, les usagers privés de transport défilent sans cesse le long de la voie réservée aux bus qui traverse le quartier. Ici, comme ailleurs dans le département, on s’organise tant bien que mal pour que la vie continue. En ce vendredi après-midi, près de l’arrêt Jules Vallès desservi par les lignes 403, 404 et 407, Fatima se rend à l’Agora pour y faire des courses : « J’ai demandé à mon fils de venir avec moi pour m’aider à porter les sacs. Je n’aurais pas pu le faire toute seule. Il est temps que les bus reprennent. » Si Fatima ne semble pas connaître la raison de ces perturbations, ce n’est pas le cas de Mariam, mère de trois enfants : « Y en a marre. Ils nous prennent en otage sous prétexte qu’ils veulent une augmentation de salaire. On veut tous une augmentation de salaire, mais si on fait tous comme eux, vous imaginez ? »

Plus loin, Konaté et sa femme marchent eux aussi le long de la voie désertée par les bus : « On est fatigués », soupire-t-elle. « Surtout qu’on travaille à Fleury », ajoute son mari, « tous les matins on se lève à six heures et là on doit se lever encore plus tôt pour marcher jusqu’à la gare d’Évry-Courcouronnes et prendre deux trains alors qu’un bus nous y emmène directement, normalement. » Pour autant, Konaté n’en veut pas aux grévistes : « Je comprends qu’ils fassent grève, c’est leur droit. Ils auraient quand même dû prévoir un service minimum et ne pas bloquer tout le monde. » Les uns marchent, d’autres optent pour le vélo. C’est le cas de Julien, vingt-deux ans : « Je sais pas si j’ai le droit de rouler sur la voie de bus mais j’m’en fous. Moi encore ça va, c’est pour ma mère que ça pose vraiment problème. Elle met une heure de plus pour aller travailler, comme si c’était déjà pas assez dur pour elle. » Le trafic a repris progressivement vendredi soir. La vie des habitants du quartier a retrouvé son cours normal au cours du week-end.