CINEMA > Il existe de nombreux documentaires qui racontent la fermeture d’une usine. Mais pour la première fois, Mariana Otero filme le processus de reprise par les salariés d’une entreprise de lingerie en faillite. Un film passionnant, à hauteur d’homme.

Après le très beau « Histoire d’un secret », Mariana Otero a voulu montrer la vie au travail. Finalement, elle a choisi de poser sa caméra près d’Orléans, dans l’usine « Starissima », une entreprise en liquidation judiciaire que les salariés veulent reprendre sous forme de coopérative. Sur fond de soutien-gorges et de string, Mariana Otero filme toutes les étapes nécessaires à la création d’une SCOP (Société Coopérative Ouvrière de Production) : la volonté d’une poignée de salariés, le doute des ouvrières, dissipé peu à peu, la liberté qui finalement progresse partout dans l’entreprise. Le suspense monte peu à peu pour savoir si la SCOP pourra voir le jour, jusqu’au dénouement final.

Un film politique à hauteur d’homme

Les ouvrières, au début sceptiques et un peu timides face à la caméra, s’affirment peu à peu. Elles se parlent de plus en plus, malgré les désaccords sur la viabilité d’un tel projet, malgré la diversité des âges et des origines. Une solidarité, et un humour, naissent sans que la riposte du patron, qui refuse que les salariés décident à sa place, ne les entame. Mariana Otero filme simplement, sans chercher à donner de leçons ou à guider les salariés. Elle filme à hauteur d’homme et offre un portrait attachant des principaux personnages de l’usine. Les salariés ne voulaient pas que ce film se termine « comme à la télévision ». Le film s’achève donc par une séquence de comédie musicale qui montre la fierté retrouvée de tous les salariés, et le plaisir qu’ils ont pris à imaginer ensemble un monde qui fonctionne à partir d’autres règles, où la démocratie ne s’arrête plus aux portes de l’usine.

  • Entre nos mains
  • Réalisation : Marianna Otero – 01H28
  • En Essonne, aux Cinoches de Ris-Orangis – allee Jean-Wiener