POLITIQUE > Les négociations à gauche sont ouvertes, sur le renouvellement des sièges à la Haute Assemblée. Les instances nationales du Parti Socialiste proposent 11 places aux écologistes, dans le cadre d’un accord pour les sénatoriales. Jean-Vincent Placé obtiendrait la tête de liste en Essonne. Une proposition qui n’est pas du goût de la fédération PS essonnienne.. Pour obtenir trois sénateurs sur les cinq que comptent le département, la gauche devra rassembler ses grands électeurs, notamment ceux du PS et de son allié le PCF.

  • Photo : Jean-Vincent Placé répondant aux questions de Téléssonne et Essonne Info (Lire notre article)

Le renouvellement de la moitié des sièges du Sénat approche à grand pas. Les grands électeurs de l’Essonne seront appelés à se déterminer en septembre 2011. Un scrutin qui sera décisif dans la course à la présidentielle, pour le Président Nicolas Sarkozy comme pour ses opposants. A gauche les grandes manoeuvres commencent.  Le Parti Socialiste qui espère bien aboutir à une alternance historique dans la haute assemblée, doit gagner entre 18 et 22 siègent pour obtenir la majorité.

Le Parti Socialiste a dévoilé mercredi dernier ses premières propositions à ses partenaires de gauche. Un projet d’accord national qui donnerait 11 sièges à Europe Ecologie-Les Verts, 10 places pour le Parti Communiste et un seul siège pour le Parti Radical de Gauche. Dans cet accord, les instances nationales du PS prévoient de donner la tête de liste au porte-parole des écologiste en Essonne, Jean-Vincent Placé (Vice-Président de la Région Ile-de-France en charge des transports et Conseiller municipal des Ulis), qui souhaite s’y présenter.

Pour François Lamy, le bras droit de Martine Aubry et Député-Maire de Palaiseau, ce « sont des propositions honnêtes, crédibles, respectant nos partenaires ». Cependant le parlementaire essonnien concède que les « discussions, qui se font par départements, n’ont pas abouti dans beaucoup d’endroits ».

« Les Verts c’est peanuts en terme de grands électeurs »

Et pour cause, cette décision créé des remous dans notre département, où la Fédération de l’Essonne du PS s’est exprimée massivement contre la décision de la rue de Solférino. Celle-ci risquerait « de nuire fortement à un résultat qui, au-delà du département, aura des conséquences sur la future majorité sénatoriales » précise une motion voté le 17 novembre par le Conseil fédéral du PS 91.

Les socialistes essonniens estiment qu’après « le fâcheux épisode des régionales, où les militants socialistes essonniens se sont vus déposséder de leur vote, il ne peuvent aujourd’hui accepter que l’Essonne ne soit la variable d’ajustement des négociations nationales avec [les] partenaires ». La Fédération de l’Essonne demande à la direction de reconsidérer sa position pour permettre de « conserver pour le moins deux sénateurs socialistes parmi les trois ».

Le Parti Radical de gauche menace lui, de présenter des listes face à celles du Parti Socialiste. Pour Jean-Michel Baylet, « les socialistes se foutent de notre gueule (…) la proposition du Parti Socialiste de réserver un seul siège au PRG en cas s’alliance (…) est inacceptable est humiliante » précise t-il dans un communiqué.

Le poids du Parti Communiste

De son côté le Parti communiste rappelle par la voix de Lydie Benoist, la responsable nationale en charge des élections, que les « grands électeurs du PC élisent les socialistes et l’inverse est vrai. (…) Le PS a 29 sénateurs sortant. Si les  grands électeurs communistes décidaient de ne plus vouloir les élire,  la gauche [boirait] le bouillon ». Pour Lydie Benoist, par ailleurs Conseillère Régionale d’Ile-de-France et ancienne Conseillère municipale de Villiers-sur-Orge en Essonne,  les « Verts, c’est peanuts en termes de grands électeurs comparé au PCF. Nous on négocie rien. On pèse quelque chose. C’est une vraie réalité de terrain. Il faut le prendre en compte ». En Essonne, le PCF compte un Sénateur Sortant, le Maire de Briis-sous-Forge, Bernard Vera.

La donne va sembler compliquée en Essonne. La fédération essonnienne du Parti Socialiste a unanimement voté pour une liste conduite par un socialiste, dans laquelle la troisième place est réservée à un partenaire, a priori le Parti Communiste dans le département. Les négociations, déjà âpres en interne avec la bataille entre Francis Chouat et Michel Berson pour le siège de sénateur (lire notre article), risquent de se durcir encore plus à la vue des divergences mises à jour.