Politique. Les militants de l’UMP et des Jeunes populaires se sont donné soixante-douze heures pour défendre le bilan de Nicolas Sarkozy. Un week-end de mobilisation qui se terminera par une réunion de formation sur les arguments de la campagne. Robin Reda, le responsable des Jeunes populaires de l’Essonne répond aux questions de la rédaction.

  • Photo : Robin Reda, le responsable des Jeunes populaires de l’Essonne, au côté de Mickael Camilleri, délégué national à la formation. (© DM/EI)

Après le parti socialiste qui s’était mobilisé samedi dernier pour faire passer la campagne des médias au terrain, Essonne Info est allé à la rencontre des militants de la majorité présidentielle. Ce week-end, l’UMP et les Jeunes populaires ont sillonné les gares et les lieux commerçants du département pour défendre le bilan et les propositions de Nicolas Sarkozy. Dimanche après-midi, une réunion de formation était organisée à Saint-Michel-sur-Orge pour donner aux militants les bagages nécessaires pour convaincre les Français.

Ils étaient une cinquantaine à s’être donné rendez-vous dans la petite salle Berlioz, malgré le beau temps qui régnait en ce dimanche de mars. Durant deux heures, ils ont écouté et débattu, à « battons rompus »,  sur la synthèse de l’action gouvernementale depuis 2007, proposée par le délégué national des Jeunes populaires à la formation, Mickael Camilleri, qui a insisté sur « l’importance de développer l’apprentissage au sein  de toutes les filières étudiantes pour rapprocher les jeunes de l’entreprise », souligne l’animateur des jeunes de l’UMP en Essonne, Robin Reda.

Rassuré par les derniers sondages qui donnent Nicolas Sarkozy en tête du premier tour de l’élection présidentielle, Robin Reda revient sur « les idées reçues et les mensonges » en notant que, sur le terrain, « les gens ne sont plus vraiment dans le rejet de Nicolas Sarkozy ». Pour lui, « les Français commencent à réfléchir et à se poser des questions », sur la réalité de l’action du président sortant qui aurait permis d’éviter le pire au moment où l’Europe doit faire face à une des plus graves crises économiques et institutionnelles de son histoire.

« Nous n’allons pas laisser, ne serait-ce qu’un quart de terrain à la gauche »

Essonne Info : depuis l’entrée en campagne de Nicolas Sarkozy en février, pensez-vous que l’image du président-candidat a changé auprès des Essonniens ?

Robin Reda : le regard des Français comme des Essonniens vis-à-vis de Nicolas Sarkozy a incontestablement évolué, notamment chez les indécis. Le président était surtout perçu par le prisme des reportages et des analyses médiatiques souvent douteuses. En pénétrant dans l’arène de la campagne, il a pu renouer avec un discours direct et s’expliquer franchement. Sur le terrain, les gens sentent que Nicolas Sarkozy assume un bilan qui est bon parce que la France a tenu dans les crises. Ils sont conscients de ses qualités de leadership et de la difficulté de diriger la France.  Par ailleurs, la nomination de Nathalie Kosciusko-Morizet en tant que porte-parole implique particulièrement l’Essonne dans cette campagne. Les gens connaissent les qualités de NKM, une femme « ferme dans ses convictions et qui n’est pas agressive », dixit Nicolas Sarkozy. Sa présence permet de rassurer ceux qui sont parfois un peu bousculés par le caractère frondeur du président. 

Essonne Info : en tête dans les sondages pour le premier tour, Nicolas Sarkozy est toujours donné perdant face à François Hollande au second tour. Une victoire est-elle toujours possible ?

Robin Reda : le succès démocratique et surtout médiatique des primaires du PS avait donné du « punch » à Hollande. Il n’a pas de bilan à assumer puisqu’il n’a jamais exercé de grand poste à responsabilités si ce n’est en Corrèze où il laisse une dette abyssale. Toutefois son arrogance et surtout le flou démasqué de son projet pour la France ont peu à peu raison de lui. Certes les sondages le promettent gagnant au second tour, mais la tendance est à l’érosion de son score tandis que Nicolas Sarkozy progresse. Au quotidien les militants sentent que les gens doutent de plus en plus de François Hollande et s’apprêtent à faire le choix de la raison. Le score sera serré mais je suis convaincu de la victoire de Nicolas Sarkozy, nous avons encore besoin de son énergie.

Essonne Info : il reste moins de trente jours avant le premier tour du dimanche 22 avril, qu’allez-vous faire pour tenter de convaincre les Essonniens ?

Robin Reda : la feuille de route est parfaitement claire : nous n’allons pas laisser ne serait-ce qu’un quart de terrain à la gauche. Nos militants seront présents partout y compris dans les lieux réputés hostiles. Il faut dire aux Essonniens de ne pas s’infliger une triple peine en livrant l’État à la gauche. Les Essonniens savent que la région de M. Huchon a fortement dégradé les transports en commun. Ils savent aussi que le département de M. Guedj ne fait de la solidarité qu’un argument de clientélisme. Bien sûr ni la région ni le département n’ont proposé un programme de réduction de la dépense publique. La gestion désastreuse des collectivités locales est un aperçu de ce que la gauche pourrait nous faire subir. Il reste quelques semaines pour amplifier ce message sur le terrain tout en délivrant nos propositions. Et puis mon job c’est de m’adresser avant tout aux jeunes, d’aller leur dire que nous devons être la génération responsable face aux grands défis de demain. Les jeunes n’attendent pas des sous-emplois publics ou la légalisation du cannabis, ils veulent se construire un avenir solide et pour cela nous avons véritablement besoin d’une France forte.

La campagne s’accélère et l’heure du choix approche. En Essonne les candidats et leurs soutiens s’activent à moins de trente jours du premier tour. Jean-Luc Mélenchon tiendra un meeting en plein air dimanche, au cœur de la Grande-Borne à Grigny. Le président du Mouvement des jeunes socialistes (MJS), Thierry Marchal-Beck, sera présent à Arpajon le mardi 4 avril pour parler de la jeunesse et des propositions de François Hollande. Le même soir Arnaud Montebourg sera à Sainte-Geneviève-des-Bois.