Social. C’est un cortège funèbre qui a manifesté dans les rues d’Évry ce lundi après-midi pour l’enterrement de l’enseignement professionnel. Une symbolique forte choisie par ces enseignants qui, pour certains, sont mobilisés depuis plus d’un mois pour protester contre les suppressions de postes annoncées dans plusieurs lycées professionnels du département. Un mois de mobilisation suivi par Essonne Info.

  • Photo : les professeurs ont investi la place de l’Agora pour une « marche funèbre ». (© AD/EI)

Il est 17 heures quand le cortège pénètre sur la place de l’Agora au rythme de la Marche Funèbre de Chopin, interprétée au saxophone par Frédéric Moreau, enseignant au lycée Auguste-Perret d’Évry. Derrière lui, un squelette représentant l’enseignement professionnel est poussé en chaise roulante. Des cercueils où sont inscrit « histoire-géographie » ou « éducation physique et sportive » se mêlent aux banderoles et aux drapeaux de la CGT Educ’Action. Une mise en scène réussie qui ne manque pas d’attiser la curiosité des passants qui dégainent leur smartphone pour immortaliser la scène. Au sein du cortège, quatre établissements sont représentés, les lycées Baudelaire et Perret d’Évry et le lycée Eiffel de Massy, tous les trois en grève, ainsi que le lycée Timbaud de Brétigny qui entrera en grève mercredi.

A leur arrivée au centre de la place, les manifestants sont accueillis par plusieurs élus de la ville, du conseil général et du conseil régional, arborant l’écharpe tricolore, venus apporter leur soutien au mouvement. A noter entre autres la présence de Francis Chouat, Carlos Da Silva et Philippe Camo. Sans marquer d’arrêt, le cortège continue sa marche en direction de l’entrée du centre commercial de l’Agora, toujours sur l’air de la Marche Funèbre. Mais alors que le cortège s’apprête à pénétrer dans le hall, plusieurs policiers bloquent l’entrée aux manifestants. Si l’ambiance reste bon enfant, certains tentent de passer par le Quick, en vain. Après quelques minutes, la police laisse finalement entrer le cortège dans l’Agora, visiblement grâce à l’appui des élus. Une fois réunis dans hall, les enseignants se rangent en lignes en suivant les instructions de Frédéric Moreau avant de s’effondrer un à un au rythme de Chopin, sous le regard des curieux.

« On ne peut pas se résigner ou attendre les élections, il faut réagir »

De retour sur la place de l’Agora, Frédéric Moreau improvise une tribune : « Ces suppressions de postes touchent ceux qui ont le plus besoin de moyens. Aujourd’hui, l’Éducation nationale ne veut plus mettre ces moyens. Nous la rappelons à son devoir avec cet enterrement en espérant qu’il sera suivi d’une résurrection. » Car si l’Inspection académique continue de faire la sourde oreille, les enseignants gardent l’espoir d’une rentrée 2012 un peu plus digne : « Il y a toujours de l’espoir », nous livre Fabien, professeur de français et d’histoire-géographie au lycée Gustave-Eiffel, menacé de sept suppressions de postes. « On peut espérer jusqu’en septembre ou peut-être jusqu’à l’élection présidentielle, si on veut bien y croire. » Pour Pascal Husson, professeur au lycée Jean-Pierre-Timbaud de Brétigny, c’est une question de dignité : « On ne peut pas se résigner ou attendre les élections, il faut réagir. » C’est ainsi que les enseignants du lycée Timbaud lançaient ce matin un appel au soutien à leurs élèves en vue de la grève de mercredi et jeudi.

Une fois la prise de parole publique terminée, le cortège s’est remis en marche en direction de l’Inspection académique. Une délégation du lycée Charles-Baudelaire y était attendue. Cette semaine plus que jamais, les actions vont se multiplier dans les établissements professionnels du département qui voient venir une nouvelle rentrée désastreuse.