Social. Depuis le retour des vacances, la mobilisation a repris de plus belle dans certains établissements du département, pour s’opposer aux suppressions de postes prévues pour la rentrée prochaine.

  • Photo : des professeurs du lycée professionnel Baudelaire d’Évry préparent une banderole pendant l’occupation de l’établissement. (DR)

Le 16 février dernier, deux jours avant le début des vacances d’hiver, une manifestation avait rassemblé plus de deux cents personnes devant la préfecture, marquant le point d’orgue d’un mois de mobilisation. Mais face à l’absence de réponses concrètes, les enseignants ne se sont pas démobilisés en ce retour de congés. Profs indignés, c’est le nom donné à l’opération lancée depuis la rentrée au lycée Baudelaire d’Évry. Les enseignants occupent l’établissement pour exiger la restitution des postes supprimés depuis deux ans et une renégociation des moyens alloués pour la rentrée prochaine. Pas moins de six postes seront supprimés d’ici à septembre prochain et ce malgré une hausse des effectifs par classe. Pour marquer leur mécontentement, les enseignants ont décidé de boycotter les tâches administratives en assurant uniquement l’appel des mineurs et les éventuels conseils de discipline.

En face, au lycée Auguste-Perret, la rentrée s’annonce aussi compliquée avec neuf postes supprimés. Ce mardi à 17 heures, une délégation du lycée est reçue pour la troisième fois par l’Inspection académique. Mais cette fois, c’est elle qui se déplace. « Je suis assez pessimiste », déclare Frédéric Moreau, professeur à Auguste-Perret et secrétaire académique adjoint de la CGT Educ’action Versailles. « D’autant qu’ils viennent en nombre donc je ne pense pas que ce soit pour annoncer des bonnes nouvelles ». Quoi qu’il en soit, des représentants des lycées professionnels Perret, Baudelaire et Eiffel de Massy se rassembleront pour un « goûter solidaire » afin d’accueillir, en silence, la délégation de l’Inspection académique. Depuis le début du mouvement, des liens se sont tissés entre ces trois établissements et le lycée Jean-Pierre-Timbaud de Brétigny. « On est en contact assez régulier », souligne Frédéric Moreau avant d’ajouter : « On avance au jour le jour pour organiser la suite du mouvement ».

Le lycée professionnel Gustave-Eiffel de Massy a, lui, déjà été reçu à l’Inspection académique vendredi. Si deux postes sur sept seront préservés, l’administration a refusé de réduire le quota d’heures supplémentaires imposé aux enseignants. Face à cette réponse négative, les professeurs du lycée ont voté à la majorité la reconduite de la grève qui avait été instaurée dès le retour des vacances. « Nous faisons grève à tour de rôle, certains cours sont assurés, le lycée n’est pas bloqué », assure Fabien Daubresse, professeur de français et délégué SNUEP-FSU. « Notre gros problème c’est qu’on nous met énormément de travail en heures supplémentaires, ça coûte moins cher au ministère. »

La semaine du 19 au 23 mars devrait voir la mobilisation monté d’un cran. Le point d’orgue est attendu en fin de semaine à l’occasion des Comités Techniques Départementaux (CTSD) du 21 et 22 mars qui officialiseront les mesures tant redoutées de la carte scolaire. Au même moment, les étudiants qui s’apprêtent à passer leur diplôme d’enseignant de la fonction publique sont eux aussi mobilisés mais pour une tout autre cause.